« Seuls les tendres sont vraiment forts. » James Dean

Vendredi 6 septembre 2002

J’ai quitté le seul homme qui ne m’a jamais aimée sincèrement, comme une femme-fille, comme un oiseau blessé, avec ma fêlure au cœur.

Pourquoi n’ai-je pu supporter cet amour qui m’entravait ? Et pourquoi, maintenant que je l’ai fait, cet acte de lâcheté qu’on appelle rupture, je ne peux que pleurer sur ce dégât que j’ai causé, le mal que j’ai fait à mon amour et à moi-même en agissant par pur égoïsme ?

J’avais pourtant de nombreuses raisons, et même de la colère contre lui. Je n’ai plus que de la tendresse envers lui et de la colère contre moi-même, si lâche, si cruelle, si faible. Je vivais pour la première fois une histoire comme celle dont je rêvais et j’ai eu peur que tout soit trop parfait. Il a fallu que je me pose des questions, comme toujours, que je remette tout en cause. C’est moi le problème, pas lui et il aurait pu peut-être m’aider. Je ne lui ai pas laissé le temps de faire ses preuves. Je ne me comprends plus, je me méprise plus que jamais.

Comment puis-je donner tant de leçons, croire tant connaître, alors que je viens de mettre fin à mon premier amour sans y réfléchir ? Et maintenant je n’ai plus aucun espoir. Je suis méchante vicieuse manipulatrice profiteuse égoïste lâche orgueilleuse vaniteuse stupide docte hautaine méprisante indécise contradictoire puérile invivable insupportable inutile superflue superficielle vide vaine fière coléreuse insatisfaite exigeante perfectionniste incapable d’aimer sèche perfide cruelle sadique fausse.

Je n’existe pas, je change comme le vent et j’écrase tout sur mon passage. Je viens de briser le cœur de celui qui me rendait heureuse, m’avait fait découvrir l’amour et tout ça par orgueil, parce qu’il a préféré s’occuper de ses problèmes familiaux plutôt que de moi. J’aurais pu – et dû – lui pardonner mais c’est un acte dont je suis incapable. Je ne connais que la rancune et le ressassement. Je tourne toujours en rond, je m’enfonce, je creuse ma tombe moi-même par mes propres choix qui me mènent inévitablement au gouffre. Est-ce que je pourrai l’oublier ? Pourrai-je me le pardonner ? Pourrai-je aimer à nouveau, vraiment, sans garder toujours un pied au sol, en me protégeant des coups qui ne seraient peut-être pas venus ? La vérité c’est que j’ai eu peur de me livrer, d’être vraie devant quelqu’un. Je ne sais pas ce qu’est l’authenticité, la sincérité. Je suis toujours dédoublée et je m’apitoie sur mon sort, qui est pourtant enviable si ce n’était ma folie en germe…

Je croyais que je me sentirais mieux après mais je me sens beaucoup plus mal, plus coupable, plus seule surtout. J’ai peur de finir seule à force de repousser ceux qui parviennent à me toucher, à me mettre quelque peu à nu. Ma vie sera une solitude, je ne sais pas sortir de moi pour rencontrer l’autre et partager avec lui…

J’espère qu’il a pu me comprendre. Je m’en voudrais toute ma vie si je lui avais fait un mal irréparable. Il est si jeune, si innocent, il s’est livré si vite, avec tellement de pureté et de générosité.

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