« Le Vent dans la bouche » Violaine Schwartz

Le Vent dans la bouche, Violaine Schwartz, P.O.L, 176 pages, mars 2013

Comédienne et chanteuse, Violaine Schwartz fait du théâtre depuis 1990. Elle a publié son premier roman, La tête en arrière, chez P.O.L. en 2010.

Une femme, Marguerite Pervenche, obsédée par la chanteuse Fréhel, disparue en 1951 et aujourd’hui oubliée, mène un combat âpre et solitaire pour la sortir de l’oubli. Elle écrit depuis des années un livre sur Fréhel, qu’elle a découverte quand elle avait 25 ans et qui depuis la hante jour et nuit. Envahie par les chansons de Fréhel qui s’emmêlent à ses pensées, elle mélange sa vie à la sienne, même chagrin d’amour avec un homme prénommé Maurice qui est parti, même coiffure, même grain de beauté, même alcool, même solitude. Mais qui est vraiment Madame Pervenche ? Quand elle était petite, elle s’appelait Pierre. Elle est aujourd’hui la présidente de l’association « Pour Fréhel ». Tous les jours, Madame Pervenche écrit au Président pour demander le rapatriement au cimetière de Montmartre des cendres de Fréhel, enterrée en dehors de Paris, au cimetière Parisien de Pantin. Le « soixantenaire » de la mort de l’artiste approche. Le jour du rapatriement, elle fera un grand discours. Tous les jours depuis 20 ans elle se rend sur sa tombe.

Un monologue un peu décousu qui emporte le lecteur : sans reprendre son souffle il en suit les vagues, le souffle, qui mêle avec poésie et lyrisme la vie chaotique de Fréhel au parcours tout aussi mouvementé de la narratrice (ou du narrateur ?) : discours imaginaires, lettres au Président de la République, extraits tronqués de chansons, faits biographiques et souvenirs imaginaires (un viol à 9 ans, le début de carrière à 14 ans, les hommes, Maurice Chevalier qui la quitte pour Mistinguett, les mariages, un fils mort de faim chez sa nourrice à l’âge de 2 ans), voyages en Russie et en Turquie, vie à la ferme pendant la guerre, errances dues à l’alcool et aux drogues, succès et chute, jeunesse et vieillissement.

L’auteur fait revivre une époque disparue, le Paris des cabarets, des chansonniers, des artistes de rue, du music-hall, des années 1900 à 1950, les voyages, les guerres, dans un texte enivrant, schizophrène, qui entraîne le lecteur dans ses méandres, entre Fréhel à tous les âges de sa vie et la narratrice au bord de l’abîme.

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