« Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire. » André Gide

7 octobre 2009 17 heures

C’est bizarre de voir comment le fait de les transcrire sur ordinateur donne un statut différent à ces notes. Elles y trouvent à la fois une sorte de légitimité mais elles gagnent aussi une distance, elles s’écartent du premier jet de l’écriture qui passe directement de moi au papier et atteignent un terrain « neutre », celui de l’après, de l’au-delà du ressenti brut et immédiat.

Ce qu’il y a d’étrange dans ce phénomène c’est qu’en réalité ce sont les mêmes mots alignés au sein des mêmes phrases et qui donc forment le même sens. Avant toute forme de réécriture vient la transcription basique et pourtant, déjà, au fur et à mesure que mes doigts s’agitent au-dessus du clavier et en font claquer les touches dans une musique que je trouve apaisante, les mots qui apparaissent sur l’écran me semblent impersonnels, comme sortis d’un autre esprit que le mien…

J’ai beau songer à cette étape je n’arrive pas à trouver d’explication à cette mue de mes mots en un texte extérieur à moi, existant par lui-même, en non plus né de mes questionnements intimes. Mystère de la confession, énigme de l’aveu, tous ceux qui ont pris l’habitude de coucher leurs états d’âme sur papier connaissent-ils cette expérience de dépossession ?

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