« La femme des temps modernes est née, et c’est elle que je chante. » Louis Aragon

Samedi 27 avril 2013 13 heures

Sans savoir à quoi ce sentiment est dû (désœuvrement, météo maussade après quelques jours de soleil, fatigue), je me surprends à nourrir des rêveries nostalgiques. Je songe à un temps où les relations, amoureuses évidemment, revêtaient un charme grisant, une simplicité qui avec le recul me semblent bien reposants.

Je me vois me rendre au cinéma avec un garçon qui me plaît, qui fait voleter des papillons dans mon ventre, qui me fait sourire sans raison, rire au moindre prétexte, qui me donne envie de danser, de chanter.

Je nous vois nous installer dans la salle et attendre sagement, timidement, en silence, un peu gênés mais impatients, que les lumières s’éteignent et que les images défilent pour oser opérer un rapprochement. Une main qui se déplace furtivement, après le bras, le coude qui a effleuré l’autre, celui négligemment (du moins en apparence) posé sur l’accoudoir commun.

Je souris toute seule à l’évocation de ces moments du passé, de l’adolescence, quand tout semblait pur, innocent, le temps des premières fois.

Aujourd’hui tout me paraît galvaudé, les rencontres n’ont plus ce parfum de nouveauté, on ne ressent plus cette griserie renouvelée à chaque rendez-vous.

Aujourd’hui un rendez-vous n’a pas la même valeur, le même poids. Il a perdu de sa force, je ne m’y rends plus le cœur aussi léger que les pas, je ne marche plus en réprimant une danse, je ne fredonne plus de ritournelle, je ne souris plus aux inconnus que je croise.

Le romantisme, je crois, je le regrette, le déplore même, n’a pas survécu au passage à l’an 2010. Ou bien c’est moi qui ai vieilli. Constat assez effrayant. Ou bien n’ai-je pas rencontré celui qui me donnera à nouveau des ailes, qui me fera danser, chanter, sourire et rire à la seule pensée de le retrouver. Je préfère m’accrocher à cet espoir plutôt que de me résigner à ces relations tièdes, ce non engagement, cette façon neutre de se fréquenter, cette attitude blasée qui se refuse à toute découverte, à toute rencontre, à toute surprise et donc au miracle d’une alchimie aussi inattendue qu’envoutante.

Alors, au risque de me répéter, ce qui m’importe peu, voici ce que j’espère, encore et toujours, avec Rimbaud,  Apollinaire et Hugo :

Changer la vie.

Il est grand temps de rallumer les étoiles.

Ne doutons pas. Croyons.

Emplissons l’étendue

De notre conscience, humble, ailée, éperdue.

Soyons l’immense Oui.

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