« Aussi riche que le roi », Abigail Assor, Gallimard, 2021

couv AssorVoici pour commencer la quatrième de couverture :

« Il y avait l’odeur des brochettes, les gars des tables Coca-Cola qui la sifflaient : t’es belle petite, le bruit sur le terrain d’en face avec les chants du Raja, l’équipe de foot de Casa ; il y avait le vent frais de janvier, le tintement des canettes qui s’entrechoquaient, les insultes, les crachats ; et il y avait Driss, là, sur le côté. Elle le voyait, géant sur ses jambes courtes, une main tranquille sur l’épaule du flic, et l’autre fouillant sa poche pour lui glisser un petit billet de cent, sa bouche lançant quelques blagues entendues, un clin d’œil de temps en temps ; et le flic en face souriait, attrapait le billet, donnait à Driss une tape dans le dos, allez, prends une merguez, Sidi, ça me fait plaisir. Driss, le géant au milieu des pauvres, Driss le géant qu’elle venait d’embrasser, pensait Sarah ; avec son fric, il n’y aurait plus jamais de flic, plus jamais de lois — ce serait eux deux, la loi. »

Années 1990, Casablanca. Sarah n’a rien et à la sortie du lycée, elle rencontre Driss, qui a tout ; elle décide de le séduire, elle veut l’épouser. Sa course vers lui, c’est un chemin à travers Casa et ses tensions : les riches qui prennent toute la place, les joints fumés au bord de leurs piscines, les prostituées qui avortent dans des arrière-boutiques, les murmures faussement scandalisés, les petites bonnes harcelées, et l’envie d’aller ailleurs. Mais ailleurs, c’est loin.

J’avais lu de bonnes critiques de ce premier roman et je n’ai pas été déçue. Le récit est bien mené, Sarah, l’héroïne, très habilement construite, et le ton très prenant. On suit Sarah sur quelques semaines dans son quotidien entre le lycée, sa famille, son quartier pauvre et ses fréquentations, plus ou moins recommandables. Cette histoire d’amour avec un jeune homme riche est racontée avec sensibilité et une certaine forme de cynisme, à travers le regard de Sarah et sa détermination à tout faire pour sortir de son rang. J’ai très vite été embarquée pour le Casablanca dans les années 1990, cette atmosphère étouffante et ce fossé béant entre les classes sociales. La romancière possède une vision et un style déjà bien affirmés pour un premier ouvrage. Nul doute que je serai curieuse de découvrir son deuxième livre. En attendant je vous recommande celui-ci, même s’il n’est pas très gai, il a le mérite de nous dévoiler une réalité peu reluisante, dans un texte puissant et marquant.

« Les Vertus de l’échec », Charles Pépin, Allary Editions, 2016

 

Couv échecVoici pour commencer la quatrième de couverture :

« Et si nous changions de regard sur l’échec ?

En France, échouer est mal perçu. Nous y voyons une faiblesse, une faute, et non un gage d’audace et d’expérience.

Pourtant, les succès viennent rarement sans accroc. Charles de Gaulle, Rafael Nadal, Steve Jobs, Thomas Edison, J. K. Rowling ou Barbara ont tous essuyé des revers cuisants avant de s’accomplir.

Relisant leurs parcours et de nombreux autres à la lumière de Marc Aurèle, Saint Paul, Nietzsche, Freud, Bachelard ou Sartre, cet essai nous apprend à réussir nos échecs. Il nous montre comment chaque épreuve, parce qu’elle nous confronte au réel ou à notre désir profond, peut nous rendre plus lucide, plus combatif, plus vivant.

Un petit traité de sagesse qui nous met sur la voie d’une authentique réussite. »

 

Après avoir adoré « La Rencontre », paru en début d’année, je me suis penchée sur un essai plus ancien du philosophe Charles Pépin et je n’ai pas été déçue. J’y ai retrouvé la simplicité et la clarté du propos, ainsi que l’optimisme et l’humanisme qui caractérisent la pensée de l’auteur. A travers des exemples de parcours parsemés d’obstacles et à la lumière de réflexions d’intellectuels, philosophes et penseurs de tous temps, cet essai nous démontre les bienfaits de l’échec, qui nous permet d’affronter le réel, de mesurer où est notre désir et de mieux préparer les réussites. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains.

Voici quelques citations très inspirantes mises en exergue :

« Je n’ai pas échoué des milliers de fois, j’ai réussi des milliers de tentatives qui n’ont pas fonctionné. » Thomas Edison

« Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Winston Churchill

« Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaye encore. Echoue encore. Echoue mieux. » Samuel Beckett

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. » René Char

« Dans le péril, croît aussi ce qui sauve. » Friedrich Höderlin

« There is a crack in everything, that’s how the light gets in. » Leonard Cohen

« Ce qui dépend de toi, c’est d’accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi. » Epictète

« Un voyage de mille lieux commence par un pas. » Lao-Tseu

 

 

« D’après mon adolescence, Journal intime », Caroline Solé, Albin Michel, 2021

couv Sole

Voici pour commencer la quatrième de couverture :

« Ne t’inquiète pas, je suis là. Et si je suis là, c’est que tu as survécu à ton adolescence. »

Caroline rêve d’une vie trépidante, loin des sentiers battus. A l’étroit au lycée comme à la maison, elle écrit un journal pour s’évader et projeter ses fantasmes. Son désir d’en apprendre plus sur le sexe devient brûlant.

Désormais romancière, Caroline Solé explore ses journaux intimes et tente d’apporter des réponses à l’adolescente tourmentée qu’elle a été. Et alors que le dialogue commence, c’est un autre récit qui s’écrit, celui d’une émancipation.

Caroline Solé est l’une des voix les plus bouleversantes de la littérature adolescente. Elle met en scène des personnages décalés, écorchés par la vie et animés d’un puissant désir de liberté. Ses romans ont fait l’objet de nombreuses sélections littéraires, et, en 2017, « La petite romancière, la star et l’assassin » a figuré dans la liste des dix meilleurs romans ados de l’année selon « Le Monde des ados ».

Repéré sur Instagram, ce livre a aussitôt éveillé ma curiosité. Quel projet passionnant que de dialoguer avec une version de soi adolescente en se replongeant dans ses journaux intimes ! Je n’ai pas été déçue, le rendu est à la hauteur du projet. Caroline Solé nous offre un ouvrage court mais percutant. Je me suis laissé embarquer dès les premières pages, tant dans le récit des souvenirs que dans le dialogue qui naît entre l’auteure et son double adolescent. Il y est aussi question de l’écriture et de son pouvoir cathartique. Le livre, publié par Albin Michel jeunesse, est destiné aux adolescents, mais pour moi il peut s’adresser à tout âge, tant il est riche et marquant. Seul reproche : c’est trop court ! C’est une découverte de la romancière pour moi mais nul doute que je vais m’intéresser à ses autres publications.

« Et je danse, aussi », Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, Fleuve éditions, 2015

Couv Et je danse

Pour commencer, voici la quatrième de couverture :

Un mail comme une bouteille à la mer. D’ordinaire, l’écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d’admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n’est pas une « lectrice comme les autres ». Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu’elle lui a fait parvenir – et qu’il n’ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s’établit qui en dévoile autant qu’elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun…

Voici ensuite deux critiques qui figurent aussi en quatrième de couverture, et vous donnent une idée des nombreuses qualités de ce roman écrit à quatre mains :

« Ce roman est un joli mélange entre rire et émotion qui propose au lecteur un moment intense, réjouissant et surtout très original. » Metronews

« Une joute littéraire doublée d’une prenante relation épistolaire qui se dévore en quelques heures, mais aussi une jolie réflexion sur l’écriture. » Femmes d’aujourd’hui

Comment s’y sont pris les deux auteurs pour composer ce roman captivant ? Ont-ils écrit chacun les messages d’un personnage ? Je me demande bien comment ils ont créé ce texte aussi prenant qu’émouvant, qui distille par petites touches l’intrigue principale*. Deux voix, deux êtres, deux histoires qui se rejoignent avec brio. J’ai dévoré ce texte, complètement happée par ces échanges de plus en plus personnels, émue par les confessions, touchée par les doutes et les peines. Je me suis trouvée bien démunie une fois lus les derniers mots, et je ne vous dévoilerai rien sur la fin. Les deux personnages continuent à discuter dans ma tête, dur de les quitter après ces heures passées en leur charmante compagnie. Je ne connaissais pas ces auteurs et je vous conseille très vivement de vous lancer dans cette aventure épistolaire, vous passerez un très bon moment je n’en doute pas. Pour ma part je vais vite me plonger dans le tome 2 !

* Après vérification, ils ont bien commencé par correspondre et ont eu ensuite l’idée d’en faire un roman.

« HHhH », Laurent Binet, Grasset, 2009 (Prix Goncourt du premier roman 2010)

Couv HHhHPour commencer voici la quatrième de couverture :

Prague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d’assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ». Heydrich, le bras droit d’Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH ». Himmlers Hirn heißt Heydrich – le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich.

Dans HHhH, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourtant, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L’auteur doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, cependant, mener l’histoire à son terme…

Et pour continuer, une critique qui rejoint mon avis :

« Laurent Binet montre la lutte que se livrent dans son roman et dans son esprit le savoir documentaire et l’invention fictionnelle, privilégiant très souvent le premier, parce que plus fidèle à la complexité du réel, mais réussissant, sans rien nous masquer de ses hésitations ni des raisons de ses choix, à créer une œuvre haletante, d’une originalité absolue. » Claude Lanzmann

Ce livre est à la frontière entre le document historique, le roman et le journal de création. C’est ce qui le rend unique, attachant, émouvant et si captivant. J’ai adoré ce texte, en raison de ce côté composite et hybride. L’auteur nous confie avec humilité et humour ses questionnements, ses tâtonnements, ses recherches et hésitations. On le suit construire cette œuvre pas à pas. Les parties historiques sont très prenantes, tandis que les parenthèses nourrissent le récit et nous font réfléchir à la manière dont nous appréhendons l’histoire et les histoires. Ce roman m’a passionnée, je n’avais jamais rien lu de tel et je compte bien aller chercher les autres œuvres de cet auteur qui depuis ce premier roman a publié plusieurs livres qui ont reçu eux aussi des prix. Affaire à suivre et en attendant n’hésitez pas à vous plonger dans ce livre, que vous soyez un féru d’histoire ou non !

« Le Colibri », Sandro Veronesi, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, Grasset, 2021

Colibri couvPour commencer voici la 4e de couverture :

« Tu es un colibri parce que, comme le colibri, tu mets toute ton énergie à rester immobile. Tu réussis à t’arrêter dans le monde et dans le temps, à arrêter le monde et le temps autour de toi, et même parfois, à retrouver le temps perdu. »

C’est ainsi que Luisa, la femme qu’il aime et qui ne cesse de lui échapper, s’adresse à  Marco Carrera. Mais qu’advient-il d’un homme lorsque la passion et la tragédie s’invitent ensemble au cœur d’une nuit d’été ?

Le grand roman d’amour et de résilience de Sandro Veronesi, traduit dans le monde entier.

Un roman à l’architecture remarquable, qui mêle les époques et m’a un peu gênée au début, et qui suit l’évolution d’un ophtalmologue, Marco Carrera, depuis son adolescence jusqu’à sa mort. Il est question d’amour, de mariage, de famille, du poids du passé, du deuil et de l’absence, de l’éducation et de l’avenir. Ce roman est difficile à résumer et à décrire, tant il est particulier dans sa forme, mais il est surtout remarquable par son amplitude et sa puissance. Une fois refermé il est resté dans ma tête plusieurs jours. J’avais beaucoup aimé un précédent ouvrage de Veronesi, « Chaos calme », publié en 2008. L’auteur a reçu de nombreux prix, pour « Le Colibri » notamment le Prix du livre étranger France Inter/Le Point. Une récompense méritée. Un roman vraiment marquant et émouvant, autant dans la joie que dans les drames, un personnage que je n’oublierai pas.

Je reprends pour finir quelques extraits de critiques de journaux italiens :

« Le colibri de Sandro Veronesi est un chef-d’œuvre bouleversant. D’une beauté absolue jusque dans les moindres détails. » Corriere della Sera

« Un roman puissant et envoûtant. » La Repubblica

« Sandro Veronesi en état de grâce. » Il Sole 24 ore

« Un hymne à la vie. » Il Messaggero

« Un roman grandiose, plein de vie, de vraie vie, de vie vécue. » Famiglia Cristiana

« Un des plus beaux romans de dix dernières années. » Tgl

« Un livre superbe qui vibre de vie et mort, joie et douleur, nostalgie et avenir. » Vanity Fair

« Puissant et délicat, original et vrai, doux et déchirant. » L’Indiependente

« Le nouveau roman de Sandro Veronesi est arrivé et nous sauve la vie. » Il Foglio

« La Rencontre, Une philosophie », Charles Pépin, Allary éditions, 2020

couv PepinPour commencer, voici comme toujours la quatrième de couverture :

Pourquoi certaines rencontres nous donnent-elles l’impression de renaître ? Comment se rendre disponibles à celles qui vont intensifier nos vies, nous révéler à nous-mêmes ?

La rencontre – amoureuse, amicale, professionnelle – n’est pas un « plus » dans nos vies. Au cœur de notre existence, dont l’étymologie latine ex-sistere  signifie « sortir de soi », il y a ce mouvement vers l’extérieur, ce besoin d’aller vers les autres. Cette aventure de la rencontre n’est pas sans risque, mais elle a le goût de la « vraie vie ».

De Platon à Christian Bobin en passant par Belle du seigneur d’Albert Cohen ou Sur la route de Madison  de Clint Eastwood, Charles Pépin convoque philosophes, romanciers et cinéastes pour nous révéler la puissance, la grâce de la rencontre. En analysant quelques amours ou amitiés fertiles – Picasso et Eluard, David Bowie et Lou Reed, Voltaire et Emilie du Châtelet… –, il montre que toute vraie rencontre est en même temps une découverte de soi et une redécouverte du monde.

Une philosophie salutaire en ces temps de repli sur soi.

Je viens de refermer « La Rencontre, Une philosophie », dévoré en deux jours, vraiment passionnant, j’ai tout souligné ou presque, je le relirai c’est sûr et je le recommande très chaudement. Magistral jusqu’au bout, jusqu’au dernier paragraphe de la conclusion, que je résiste à partager, même s’il ne s’agit pas d’un roman policier.

J’ai entendu l’auteur en parler dans une émission télévisée, j’avais déjà écouté plusieurs de ses podcasts. Je me suis donc précipitée sur l’essai dès sa sortie et j’en suis très contente. Je ressors de cette lecture grandie, enrichie, avec plein de nouvelles questions et de nouvelles pistes, avec l’envie de me replonger dans les œuvres de tous les philosophes cités, d’Aristote à Voltaire, en passant par Hegel ou Sartre, de lire la correspondance de Camus, les poèmes d’Eluard, d’écouter Bowie et Lou Reed… De sortir et de rencontrer, surtout, ce qui est plus compliqué pendant cette période malheureusement.

Comment résumer cet ouvrage ? Il y a tout un cheminement qui décrit et analyse la rencontre, les signes d’abord (je suis troublé, je te reconnais, je suis curieux de toi, etc.), puis les conditions (l’action, la disponibilité et la vulnérabilité) et enfin cinq lectures philosophiques (anthropologique, existentialiste, religieuse, psychanalytique et dialectique).

On chemine facilement avec le philosophe, il est pédagogue et très clair, je me suis laissée porter sur près de 250 pages sans jamais me sentir perdue dans un jargon ou des concepts trop complexes. Je reconnais le talent de professeur de celui que j’ai découvert dans ses podcasts. Lumineux, optimiste, clair, enthousiasmant. Il rejoint Marie Robert dans le petit cercle de mes penseurs de chevet préférés. Je songe même à lire ses précédents ouvrages, essais ou romans.

N’hésitez pas, lancez-vous !

« L’Anomalie », Hervé Le Tellier, Gallimard, 2020

couv AnomalieJe ne lis pas toujours les livres des lauréats du prix Goncourt, il m’arrive d’être déçue. Mais là j’ai eu envie de découvrir ce roman, en partie parce que l’auteur est membre de l’Oulipo. C’est un groupe littéraire fondé en 1960 par Queneau et Le Lionnais, que j’ai un peu étudié, qui m’a beaucoup intéressée et cette particularité de Le Tellier a aiguisé ma curiosité. Même si mes proches m’ont dit qu’à un moment vers la fin on ne comprend plus rien. J’avais quand même envie de me faire ma propre opinion sur ce livre si particulier. J’ai choisi de ne pas lire de critiques avant de le commencer.

Impossible de résumer sans trop en révéler, je vais vous copier la quatrième de couverture :

« Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension. »

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.

Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’Anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

 

Une lecture très prenante, un peu déstabilisante par moments, une construction habile et de multiples personnages bien campés. J’ai réussi à suivre l’intrigue là où mes proches ont été perdus, et j’aurais même aimé que le roman continue et nous en dévoile davantage sur l’évolution des personnages. Je ne vous dirai rien sur la fin, si originale.

Je ne connaissais pas cet auteur et cette lecture m’a donné envie de découvrir ses autres livres.

Je vous recommande ce roman, même s’il peut être un peu ardu par moments, mais vous ne regretterez pas de vous être accrochés !

« Betty », Tiffany McDaniel, traduit par François Happe, Gallmeister, 2020

Betty couvPour commencer, la quatrième de couverture :

« Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne. »

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

« Betty » raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle. Elle rend aussi un hommage à sa mère, Betty.

« Exceptionnel ! Voici le grand roman américain de cette année. C’est magistral. Un livre coup de poing. Et je prends les paris, c’est un futur classique ! » François Busnel

Nous n’avons jamais eu tant besoin qu’on nous raconte des histoires, celles qui ont le pouvoir de nous emmener loin, celles qui mettent le monde entre parenthèses, celles qu’on ne peut pas lâcher. Avec son roman, Tiffany McDaniel nous conte une histoire superbe et bouleversante, poétique, cruelle et lumineuse.

Betty est l’exemple vibrant de ce que les mots et les histoires peuvent nous apporter de meilleur. Quand on rencontre « la petite Indienne », on ne peut plus la quitter.

Le roman est lauréat du prix America du meilleur roman 2020 et du Prix du roman Fnac 2020.

Voici un roman offert par ma mère à Noël, que j’ai trouvé envoutant, prenant, mais aussi violent. J’ai eu parfois l’impression que le récit était un peu lent et long mais j’avais quand même envie de continuer, de suivre cette famille complètement atypique et rongée par une violence latente.

L’auteur nous offre une voix et une atmosphère particulières, au sein de ce roman fleuve magistral, aussi poétique que sombre, à ne pas mettre entre toutes les mains (notamment à cause des thèmes récurrents d’inceste et de suicide). On se laisse happer par la voix de l’héroïne et on suit avec elle l’évolution de sa famille, chez qui la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Pendant plus de 700 pages, on sourit parfois et on a la gorge nouée souvent. Le personnage du père est particulièrement touchant, mais chaque membre de la famille m’a émue aussi par moments.

Je referme ce livre avec un demi-sourire et un pincement au cœur, reconnaissante d’avoir ainsi voyagé auprès de cette héroïne unique que je n’ai aucune envie de quitter.

Malgré la violence et quelques longueurs je vous recommande cette œuvre, cette voix, ce voyage.

“Nickel boys”, Colson Whitehead, Albin Michel, 2020

couv N BoysVoici pour commencer la 4e de couverture:

« Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour « Underground Railroad » puis en 2020 pour « Nickel Boys », Colson Whitehead s’inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l’instar de William Faulkner et John Updike. S’inspirant de faits réels, il continue d’explorer l’inguérissable blessure raciale de l’Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d’innocents, victimes de l’injustice du fait de leur couleur de peau. »

Deuxième prix Pulitzer pour Colson Whitehead, inspiré de faits réels, ce roman coup de poing, encensé par la presse internationale et considéré comme une lecture nécessaire par Barack Obama, offre une sépulture littéraire aux centaines d’innocents de la Floride ségrégationniste des années 1960. Cette exploration saisissante du racisme aux Etats-Unis est à mettre entre toutes les mains.

J’ai eu peur que cette lecture soit violente et choquante, après avoir lu et écouté diverses critiques. C’est en effet un roman très dur mais aussi beau. L’auteur a composé une fin inattendue et magistrale, une vraie claque. J’ai refermé ce livre dans une sorte d’état second, remuée, bouleversée, émue. Un auteur que je ne connaissais pas et dont je vais aller chercher les autres romans très vite.