« Trois saisons d’orage », Cécile Coulon, Viviane Hamy, 2017

3 saisons

Ce roman est le troisième que je lis de la jeune romancière et, comme pour les précédents, encore plus même, je me suis laissé emporter par le style vif et poétique, l’intrigue bien ficelée et les personnages aussi bien campés qu’attachants. Cécile Coulon sait captiver son lecteur et le promener le long de ses pages, à tel point qu’il est difficile de reposer le livre. J’ai beaucoup aimé ce roman rural, familial, qui aborde avec sensibilité de nombreux thèmes comme la vie d’un petit village isolé, son développement économique, la difficulté pour des citadins de s’y intégrer et, bien sûr, le bonheur mais aussi la douleur d’aimer passionnément. La romancière m’a saisie dès les premières pages et j’ai ensuite vibré avec ses personnages, redoutant le moment d’arriver à la dernière page et de devoir les quitter. C’est un livre difficile à résumer, c’est pourquoi je laisse cette tâche à l’éditeur en vous offrant le texte de la quatrième de couverture. Ce roman a remporté le Prix des libraires 2017.

Une de mes prochaines lectures sera d’ailleurs un autre de ses romans, paru précédemment, « Le Roi n’a pas sommeil ». J’ai hâte de découvrir une nouvelle partie de ses œuvres !

Je ne suis pas la seule à avoir été séduite, c’est par exemple le cas de Ziliz, dont voici un extrait de l’avis publié sur Babelio :

« Ce roman m’a captivée, charmée, émue, et je sens que Valère, André, Clément et quelques autres, avec qui j’ai vécu pendant deux jours, vont m’accompagner encore… »

Pour vous donner une idée un peu plus précise du contenu du roman, la quatrième de couverture :

« Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste.

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis.

Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection – la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l’homme et la nature –, qui sont les battements de cœur du très grand succès que fut Le Roi n’a pas sommeil (Éd. Viviane Hamy, 2012). »

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« Pêcheurs d’hommes », Eric Valmir (Robert Laffont, 2018)

pêcheurs d'hommes

Je viens de finir « Pêcheurs d’hommes » d’Eric Valmir (Robert Laffont, 2018) et j’en sors avec une impression mitigée. Voici donc un nouveau candidat pour ma rubrique « Les livres que j’ai aimés en partie ». En effet, j’ai beaucoup aimé les passages sur le narrateur, Nicolo, sa famille, ses proches, ses amours, mais beaucoup moins les passages (obligés puisque le roman est situé sur l’île de Lampedusa) sur les réfugiés et les conséquences de leur arrivée sur l’île et ses effets sur ses habitants. L’auteur a une belle plume, on se laisse vite embarquer aux côtés de Nicolo qui grandit tant bien que mal sur cette île très particulière et si médiatisée. Je ne dirais pas que je me suis ennuyée, car ce n’est pas le cas, mais je n’ai pas été complètement emballée par l’ensemble. Ce roman est très fort, plein d’humanité et de questionnements sur l’autre, la solidarité, la confrontation à la misère absolue. L’auteur dépeint toute une galerie de personnages touchants auxquels le lecteur peut s’identifier, même sans connaître de près la situation tragique de cette île. À travers l’enfance puis l’adolescence de Nicolo, le romancier dessine à la fois le portrait précis et émouvant d’un destin brisé et l’histoire mouvementée d’un territoire à nul autre pareil. Les passages sur la beauté de l’île, le cycle des saisons et le mouvement du soleil sur le paysage sont très réussis, tout comme certaines pages sur la découverte de la plongée. Le personnage du père, ancien pêcheur devenu mutique après avoir trop pêché de cadavres, m’a particulièrement touchée. Beaucoup de qualités donc dans l’ensemble. Mais aussi à mes yeux quelques longueurs, notamment quand Nicolo rejoint sa petite amie à Turin, où il n’arrivera jamais à trouver sa place.

Et donc à la question cruciale « est-ce que je le recommanderais ? », je n’ai pas de réponse simple et ferme. Je l’ai lu parce que ma tante me l’a hautement conseillé, il lui a beaucoup plu. Je la rejoins sur l’envie de découvrir les deux autres romans de l’auteur, ce qui est un très bon point pour ce roman. Je pense par conséquent le recommander, mais avec quelques réserves.

 

Voici la 4e de couverture :

« Moi, c’est Nicolo. J’aurai bientôt vingt-cinq ans et jamais je ne quitterai Lampedusa. C’est mon île au centre de la mer. «

Au cœur de la Méditerranée, entre Afrique et Europe, Lampedusa, symbole de l’une des plus grandes hontes contemporaines : au fil des années, ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant la guerre et la misère, ceux qu’on appelle aujourd’hui « les migrants », venus s’échouer, souvent mourir, sur ses côtes. Lampedusa, des paysages d’une beauté paradisiaque sous la sublime lumière du sud de l’Italie, mais mauvaise réputation, donc. Maudite ? Mal aimée, mal comprise en tout cas. Nicolo aurait toutes les raisons de la détester, cette île qui a rendu son père fou – parce que « son métier, c’était d’attraper des poissons, pas de pêcher des hommes ». Mais il choisit de nous la raconter, elle et ses habitants, à travers son regard de petit garçon puis de jeune homme confronté à l’indifférence du monde mais déterminé à sauvegarder sa beauté.

Déclaration d’amour à la terre natale, « Pêcheurs d’hommes » est à la fois un portrait intime, éclatant de couleurs et de soleil, et une fresque qui nous interroge sur le monde que nous voulons.

Chef du service Reportages de France Inter, Eric Valmir est spécialiste (et amoureux) de l’Italie. Il a été le correspondant de Radio France en Italie pendant 5 ans. Installé à Rome, il couvre toute l’actualité italienne, produit et réalise la série radiophonique « Ciao Ragazzi ». Rentré à Paris, il anime depuis septembre 2011 sur France Inter un rendez-vous matinal politique « Les jeunes dans la présidentielle ».

« Pêcheurs d’hommes » est son troisième roman après « Toute une nuit » et « Magari », publiés chez Robert Laffont. Il est également l’auteur de « Italie, belle et impossible » chez Editalie.

Et un extrait d’un avis très élogieux par Ju lit les Mots :

« Avec une réalité saisissante empreinte d’émotion, l’auteur nous raconte les naufrages, les morts, les incendies, l’absence de secours… Il nous raconte Lampedusa ‶l’île des espoirs avortés″. ‶Pêcheurs d’hommes″ fait partie de ces livres qui ont le pouvoir de modifier notre regard sur le monde, en nous faisant prendre conscience de certaines réalités, en permettant d’aiguiser notre conscience.

En le refermant on sait que notre approche ne sera plus tout à fait pareil…. On sait que cette lecture a ouvert une brèche des possibles et notre humanité n’en est que plus belle. »

« Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro (Folio, Gallimard, 2018 ; éditions des Deux Terres, 2006)

auprès de moiJe viens de terminer « Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro, auteur que je découvre, qui a reçu le Prix Nobel de littérature en 2017 et dont je vais je pense aller voir les autres œuvres très vite (si c’est le cas avec succès je vous en reparlerai bien sûr).

Je dois avouer avoir eu du mal à entrer dans ce roman qui commence assez lentement. La narratrice nous parle de son passé et se confie tout d’abord au compte-gouttes. Ce n’est qu’à la deuxième partie que le récit prend plus de vitesse, et c’est là que je me suis laissée prendre par l’intrigue et le destin unique des trois personnages principaux. Certains mystères sont dévoilés, certaines choses trouvent une explication, mais l’auteur préserve avec soin une grande partie de son récit dans le brouillard. Même en refermant cet assez court roman (441 pages en format de poche), je n’avais pas trouvé de réponse à toutes les questions soulevées par Kath, la narratrice, lorsqu’elle évoque son enfance mais aussi sa vie adulte. Je ne veux pas trop en dire car ce roman d’anticipation fonctionne principalement grâce à ce système progressif de dévoilement partiel de la réalité vécue par les personnages. Ce que je peux dire c’est que je n’ai plus lâché le livre à partir de la deuxième partie et qu’en le refermant je n’ai toujours pas quitté cet univers. J’ai découvert que ce roman a été adapté au cinéma et je m’interroge sur le fait de regarder ou non l’adaptation, toujours une question sensible quand un roman m’a particulièrement séduite…

Quoi qu’il en soit, j’espère avoir éveillé votre curiosité, même si j’en ai très peu dit, mais sciemment, pour ne pas gâcher votre plaisir à découvrir cet auteur et à pénétrer à votre tour dans ce roman d’anticipation envoûtant.

 

 

Voici la 4e de couverture de l’édition Folio (Gallimard, 2018) :

« Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là? Bien des années plus tard, Kath s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes.

Kazuo Ishiguro traite de sujets qui nous touchent de près aujourd’hui : la perte de l’innocence, l’importance de la mémoire, ce qu’une personne est prête à donner, la valeur qu’elle accorde à autrui, la marque qu’elle pourra laisser. Ce roman vertigineux, porté par la grâce, raconte une histoire d’humanité, de conscience et d’amour dans l’Angleterre contemporaine. Ce chef-d’œuvre d’anticipation est appelé à devenir le classique de nos vies fragiles. »

Ces livres que j’ai aimés en partie

J’inaugure une nouvelle catégorie dans mes billets de lecture. J’y songeais depuis quelque temps, et voici que je suis tombée sur un bon exemple pour servir de premier cobaye.

Je viens de finir un court roman de Didier van Cauwelaert, « Un aller simple » (Albin Michel, 1994) et je suis dubitative. En temps normal, je ne rédige pas de billet sur un livre qui ne m’a pas plu, je préfère partager mes coups de cœur. Et là, difficile de décider : j’ai beaucoup aimé la première partie, je me suis un peu ennuyée au milieu, avant de retrouver de l’intérêt dans les dernières pages. Que faire dans ce cas ? La question que je me pose avant d’écrire sur un livre, et même le plus souvent c’est tellement évident que je n’ai pas à m’interroger, est de savoir si je le recommanderais autour de moi. Et ici, précisément, je n’en suis pas sûre.

Je connais peu cet auteur, il a gagné de nombreux prix, dont le Goncourt en 1994 pour ce roman en question. Les personnages sont bien campés et le héros est très touchant, mais le narrateur change au milieu de l’intrigue et c’est là que l’auteur m’a perdue…

Pour vous donner une petite idée de l’histoire voici la quatrième de couverture :

« Aziz est né en France, de parents inconnus. Recueilli par les tsiganes des quartiers nord de Marseille, il a grandi sous la nationalité marocaine, n’ayant pas les moyens de s’offrir un faux passeport français. Professionnellement, il s’est spécialisé dans les autoradios : il les vole et les revend.

Sa vie bascule le jour où le gouvernement lance une grande opération médiatique de retour au pays. Voilà Aziz confié à un jeune et idéaliste « attaché humanitaire », charger d’aller le « réinsérer dans ses racines », et qui lui demande où se trouve son lieu de naissance. Le doigt d’Aziz montre au hasard, sur la carte du Maroc, une zone vierge du Haut-Atlas. Et l’aventure commence…

Un roman drôle et poignant, qui a obtenu le prix Goncourt en 1994 ».

Et voici deux extraits de critiques qui apparaissent également sur la 4e :

« Impertinence, émotion, rapidité… C’est merveilleusement écrit. » Le Point

« Un chef d’œuvre d’ironie, mêlant constamment le rire et les larmes. » Le Monde

Je suis d’accord avec tous ces superlatifs, notamment drôle, ironique tout en étant par moments aussi poignant et émouvant. Aziz m’a embarquée avec lui dans son aventure absurde et existentielle. Mais lorsqu’il cède la narration au jeune « attaché humanitaire », il m’a perdue pendant toute une partie du roman, une bonne vingtaine de pages (sur 120 pages c’est assez important).

Reste à déterminer si les parties qui m’ont plu valent la peine de passer par ce moment moins prenant à mes yeux… Après avoir laissé un peu « reposer » ma lecture, ce qui reste est en fait le plaisir, la joie et les émotions transmises dans l’ensemble. Finalement, malgré une petite déception de ne pas avoir été portée tout au long du roman, je conserve une bonne impression globale et je recommanderai ce court livre, avec tout de même un petit bémol.

« Une femme entre nous »,  Greer Hendricks et Sarah Pekkanen

Un court billet écrit dans la foulée d’une lecture très prenante.

Envoûtant, obsédant, impossible de reposer le livre tellement on est pris par son récit à tiroirs. Un énorme rebondissement au milieu du livre nous force à repenser les centaines de pages déjà dévorées. Un récit prenant et maîtrisé. Un portrait de femme juste et plein d’empathie. Une intrigue menée tambour battant par un duo de romancières vraiment habile. J’ai dévoré ce livre en trois jours, impatiente d’arriver au dénouement mais à la fois sans désirer refermer l’ouvrage qui m’a fascinée au plus haut point. Les éditions Sonatine ont déjà publié des polars qui m’avaient saisie de la sorte, notamment « Avant d’aller dormir » de S.J. Watson, que j’avais recommandé et prêté autour de moi, et dont je découvre qu’il a été adapté au cinéma. « Une femme entre nous » va connaître le même destin.

Voici ce qu’en disent les éditeurs :

« En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions.
Vous allez croire que c’est l’histoire d’une femme jalouse, délaissée par son mari.
Vous allez penser qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle.
Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d’un tel triangle amoureux.
Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses.
Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre.

À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’espoir et le désespoir des femmes, l’usure du couple, l’amitié féminine, tout cela sous couvert d’une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d’adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu’un roman : un événement ! »

 

« En attendant Bojangles », Olivier Bourdeaut

Lecture en cours

Un billet un peu particulier écrit en plusieurs moments, la première partie arrivée à la moitié et la seconde après l’avoir entièrement lu. Un billet particulier pour un roman particulier, qui m’a surprise autant que charmée et bouleversée.

Je suis arrivée environ à la moitié de ce court premier roman d’Olivier Bourdeaut publié aux éditions Finitude en 2015 et lauréat de plusieurs prix.

Jusqu’ici je suis assez séduite par ce récit tendre et amer à la fois.

Je me laisse porter depuis presque 100 pages par le regard innocent mais parfois lucide d’un jeune garçon sur l’extravagance de ses parents et la progressive descente de sa mère vers une folie plus désarmante et préoccupante.

L’ensemble se révèle beaucoup moins léger que ce à quoi je m’attendais.

C’est toujours le risque quand on lit un livre quelque temps après en avoir beaucoup entendu parler, que ce soit à travers de nombreuses critiques élogieuses dans la presse ou via des avis et recommandations par des proches.

Je m’attendais à une lecture d’été amusante, un roman de plage divertissant et je me retrouve en fait touchée et émue, redoutant la suite qui peut tout autant s’avérer joyeuse que tragique.

J’aurais pu m’en douter d’après le titre du roman, référence à une chanson bouleversante de Nina Simone, augure d’un récit entre rires et larmes.

J’attends de le finir puis de laisser cette lecture reposer un peu avant de décider si je vais à mon tour le recommander autour de moi et sur ce blog.

Une peinture déchirante d’une famille unie par la folie du personnage central de la mère.

J’ai bien aimé le contre-point apporté par la voix du père à travers la transcription de ses carnets secrets. Il y dévoile l’envers du décor de ce quotidien fantasque, à jamais menacé par la santé mentale de sa femme aussi attachante qu’inquiétante.

Je fais des pauses dans ma lecture, je ne veux pas le finir d’une traite et quitter trop tôt les personnages. Plutôt bon signe en ce qui me concerne sur la qualité d’un livre.

Voici la 4e de couverture et les quelques critiques qui y figurent:

Devant leur petit garçon, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir et la fantaisie. Celle qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible. Elle les entraîne dans un tourbillon de poésie pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais aussi bien porté son nom.

« C’est extravagant, c’est léger, c’est pétillant. Un coup de maître. » François Busnel, La Grande Librairie (France 5)

« D’une loufoquerie d’autant plus irrésistible qu’elle est intelligente et maîtrisée. Le lecteur est aussi de la fête. » Bernard Pivot, « Le Journal du dimanche »

« Olivier Bourdeaut fait sourire les larmes et pleurer l’allégresse. Il mérite le succès qui va fondre sur cette fable extravagante et bouleversante. » Jérôme Garcin, « L’Obs »

« Un capharnaüm joyeux et plein d’esprit, où l’on se délecte. » Sandrine Mariette, « Elle »

Je referme ce livre très émue et touchée par ma lecture. Il y a beaucoup de tendresse, de joie, mais aussi beaucoup de dureté et de tristesse.

Je ne le recommande pas à ceux qui cherchent une lecture facile et légère. Malgré tout je le referme avec un certain contentement et l’envie de découvrir d’autres œuvres de cet auteur que je lis pour la première fois.

 

« Couleurs de l’incendie », Pierre Lemaitre, Albin Michel, 2018 

Voici pour commencer le résumé de l’éditeur :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.
« Couleurs de l’incendie » est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec « Au revoir là-haut », prix Goncourt 2013, où l’on retrouve l’extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

J’avais beaucoup aimé le premier volet mais je dois avouer que je n’ai pas vraiment accroché avec le deuxième. Si certaines des intrigues m’ont plu, l’ensemble m’a finalement ennuyée. Trop de considérations politiques et économiques, au détriment de certains personnages plus « humains » selon moi. Je l’ai fini, je suis allée au bout, parce que certains personnages sont quand même touchants, notamment Paul, le fils de Madeleine, et Madeleine elle-même, le personnage central du roman. Je pense que je lirai la suite, car Lemaitre sait dresser un portrait qui semble juste à la fois d’une époque et des hommes qui la symbolisent.

Je n’aime pas dresser de critique complètement négative, mais je ne peux qu’être honnête, je n’ai pas été emballée, ce qui bien sûr n’engage que moi ! Plusieurs personnes autour de moi ont aimé le roman et me l’ont conseillé, donc je ne peux que laisser à chacun la liberté de se faire sa propre opinion.

Une critique très enthousiaste trouvée sur Babelio :

Kirzy   07 janvier 2018

« Mais quel pied !!!! Veuillez excuser la trivialité de l’expression mais il est tellement rare de se régaler autant en lisant. Comment offrir tant de plaisir au lecteur ? La recette de la générosité selon Lemaitre :

1- un art de la narration qui respire le brio !

Aucun temps mort, le récit est mené tambour battant à la Dumas. Et ce dès le premier chapitre qui s’ouvre sur une tragédie, d’emblée, et à partir de là ça rebondit, ça virevolte à tout va, sur un rythme haletant. […] le lecteur s’enivre de ces rebondissements à foison et en redemande.

2- des personnages formidablement campés

On les voit, on les sent, on les aime, on les déteste, Lemaitre soigne tous ses personnages, même les secondaires […] Et quels personnages féminins !!!! Madeleine, bien sûr, personnage effacé d’Au revoir là-haut, qui est au cœur de ce livre : un magnifique personnage qui a tout perdu puis retrouve sa dignité, sa liberté, s’émancipe jusqu’à la réalisation ultime d’un vengeance planifiée à la machiavel. Mais aussi la traîtresse Léonce et son irrésistible derrière, Vladi la nurse polonaise à la sexualité débridée et la loyauté infaillible.

3- des dialogues truculents

On se marre tout le temps, j’ai même laissé échapper des rires à voix haute tellement la plume est alerte, grinçante, ironique, cynique lorsque Lemaitre décrit ses personnages ou les travers de cette époque. Un festin pour les amoureux de la belle écriture.

4- un arrière-plan historique passionnant

Cette fresque romanesque est aussi la chronique de l’entre-deux-guerres, la crise des années 30, l’affirmation du capitalisme, la montée du fascisme, la vague nazie qui s’apprête à submerger l’Europe (le titre vient de là ), toute la complexité de ce temps est formidablement rendue.

La suite, la suite, la suite !!!!! »

Un bon exemple d’un lecteur dont l’avis est à l’opposé du mien…

 

 

 

« Le Roi n’a pas sommeil », Cécile Coulon, Viviane Hamy, 2012

Un court roman aux allures de conte moderne et tragique.

On suit le destin d’un enfant trop calme, Thomas, la vie quotidienne d’une petite ville aux allures de Far West américain, l’exploitation d’une propriété et de sa forêt, avec une multitude de personnages bien campés. Thomas n’a qu’un seul ami, il grandit et s’endurcit après une enfance à la fois paisible et touchée par un drame. Le premier chapitre nous donne des indices sur la noirceur qui va le gagner, et la romancière tresse habilement les événements, les déceptions, les colères, les deuils, pour nous faire arriver au drame final.

Le personnage de la mère, Mary, d’une beauté magistrale, est très bien construit, tout en pudeur et en force face à une vie de dur labeur et de soutien à des hommes très sombres, son mari puis son fils. L’auteur dépeint une galerie de personnages malheureux qui luttent pour survivre et sont rattrapés par leur origine et un certain atavisme qui leur colle à la peau.

Un roman assez noir mais précis, plein de trouvailles poétiques et qui éveille la compassion envers des personnages aux itinéraires voués à la perte.

Le texte est empreint à la fois de poésie dans les descriptions de la nature, de mélancolie dans l’évocation de l’innocence de l’enfance, de précision dans la psychologie et l’analyse des relations amicales, familiales et amoureuses, pleines de rancœurs et de loyauté.

C’est le deuxième roman que je lis de Cécile Coulon, et j’y retrouve ce qui m’avait plu dans son premier, « Méfiez-vous des enfants sages » : une ambiance hors du temps, une pesanteur percée de moments lumineux, des personnages maudits, une nature poétique, des incompréhensions et des non-dits qui rongent.

Un livre aussi sombre que lumineux mais que je ne conseille pas à ceux qui n’aiment pas se plonger dans un peu de noirceur !

Critiques (mitigées) glanées sur Internet (Babelio)
« Un roman très bien écrit [mais qui] n’a pas été réellement à la hauteur de mes attentes. Il y manque une pointe de « je-ne-sais-quoi » qui le rende bouleversant mais l’écriture est tellement belle et agréable à lire, la psychologie des personnages est si bien analysée que je me suis néanmoins régalée en découvrant ce petit livre. À découvrir et à vous de juger ! » Cicou45

« avant tout un roman sur l’atavisme et sur l’impuissance des hommes face à certaines formes de déterminisme. Cécile Coulon offre de sombres et magnifiques portraits d’un homme, d’une famille, d’une petite ville de l’Amérique profonde où tout se sait, rien ne s’oublie et les regards savent le rappeler à chaque instant. L’écriture est maîtrisée et la précision des descriptions dissèque indirectement les âmes et les caractères de personnages denses, épais et puissants dégageant une espèce de violence sauvage aussi attendrissante qu’effrayante, le tout avec un humour toujours très fin. Par ailleurs, la tension narrative qu’elle parvient à installer par le biais d’une construction sans faille, à commencer par une scène inaugurale étonnante qui, sous couvert de donner les clés de l’histoire, ne fait qu’attiser la curiosité du lecteur, contribue à faire de ce roman un livre à la fois marquant et extrêmement abouti ! » Caro64

« Cécile Coulon s’y entend pour créer des ambiances. On visualise sans peine la petite ville paumée des années 50, quelque part dans le sud profond des USA, et ses habitants en perdition. Surtout les hommes, qui après s’être tués à la tâche à la scierie le jour, finissent de s’abrutir avec le tord-boyaux du bar local le soir. » Viou1108

« J’avoue ne pas avoir accroché à cette histoire, à cette notion de déterminisme familial et de fatalité. Je suis restée à côté du roman tout en reconnaissant le vrai talent de Cécile Coulon, son écriture, puissante et précise qui s’inscrit dans la droite lignée des auteurs américains que j’affectionne (John Steinbeck et Truman Capote). Elle décortique avec justesse les états d’âme et la puissance dévastatrice des émotions contenues et des frustrations. Malgré un sentiment d’inachevé, j’ai apprécié ce livre que je recommande car je reste persuadée d’avoir trouvé en Cécile Coulon une future grande plume de la scène littéraire française et que son véritable chef-d’oeuvre ne saurait tarder. Affaire à suivre… » Indira95

CRITIQUES PRESSE

« Une odyssée sur la relativité du bien et du mal, sur la trahison et l’identité en moins de cent cinquante pages- et pas mal de bouteilles de mauvais whisky.

Cécile Coulon ne s’encombre d’aucune fioriture. Elle va droit au but, creuse la plaie. C’est ce qui rend hypnotique la lecture de ce livre. » « L’Express »

« Le style de Cécile Coulon est authentique et direct. Elle n’use pas de fioritures pour garnir son texte, rendu puissant grâce à un sentiment constant d’aliénation, qui mêle fascination et répulsion. » « Actualitté »

« Un style, âpre, sec, violent, puissant. Cécile Coulon a un talent fou. » « Les Échos »

« La grande force de Cécile Coulon est là, dans le pouvoir de saisir les brusques variations de tension de cette existence, de donner au tragique le visage lisse et mutique de la jeunesse. » « L’Humanité »

« « Le Roi n’a pas sommeil » est un récit âpre et tendu par une écriture incisive qui sait percer le mystère des âmes et leur nature sauvage. » « Le Monde »

« Petit pays », Gaël Faye, Grasset, 2016

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles : le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. » Gaël Faye

J’ai un peu hésité avant de lire ce court roman, car il m’arrive fréquemment de ne pas apprécier les ouvrages récompensés de prix littéraires, et celui-ci en a reçu une dizaine. De plus, je craignais la dureté du témoignage sur le génocide rwandais. Je me suis cependant lancée, sans plus pouvoir m’arrêter, charmée par cette voix, emportée par la nostalgie et la poésie, touchée et remuée face à la violence et à l’absurdité de la guerre.

Plusieurs personnes de mon entourage l’ont lu avant ou après moi et chacune a été transportée par ce premier roman saisissant, percutant, tendre, joyeux, tragique, nostalgique.

« Petit Pays », c’est le Burundi du début des années 1990 vu par le regard d’un enfant de 10 ans. Gabriel vit à Bujumbura avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise d’origine Tutsi et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Le jeune garçon passe le plus clair de son temps avec sa joyeuse bande de copains occupée à faire les quatre cents coups. Ce quotidien paisible et cette enfance douce vont être bousculés en même temps que ce « petit pays » d’Afrique. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler. Le quartier est bouleversé, envahi par la violence. Gabriel se croyait un enfant comme les autres, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Malgré l’horreur des souvenirs avant l’exil, le romancier tient la violence relativement à distance, nous épargnant les détails de l’horreur du génocide. Il parvient avec pudeur à évoquer ce temps révolu et les affres de l’histoire. Il nous fait ressentir avec brio sa nostalgie d’un monde à jamais disparu. Gaël Faye, musicien et compositeur, sait jouer avec la langue, les images, les sensations, et nous fait passer du rire aux larmes, de la comédie à la tragédie, tout au long de son récit.

Je ne peux que chaudement recommander la lecture de ce court roman malgré tout très riche, fort, bouleversant.

Extraits

« PROLOGUE

Je ne sais vraiment pas comment cette histoire a commencé.

Papa nous avait pourtant tout expliqué, un jour, dans la camionnette.

– Vous voyez, au Burundi c’est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça les ethnies. Les Hutu sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez.

– Comme Donatien ? j’avais demandé.

– Non, lui c’est un Zaïrois, c’est pas pareil. Comme Prothé, par exemple, notre cuisinier. Il y a aussi les Twa, les pygmées. Eux, passons, ils sont quelques-uns seulement, on va dire qu’ils ne comptent pas. Et puis il y a les Tutsi, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutu, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. Toi, Gabriel, avait-il dit en me pointant du doigt, tu es un vrai Tutsi, on ne sait jamais ce que tu penses.

Là, moi non plus je ne savais pas ce que je pensais. De toute façon, que peut-on penser de tout ça ? Alors j’ai demandé :

– La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ?

– Non, ça n’est pas ça, ils ont le même pays.

– Alors… ils n’ont pas la même langue ?

– Si, ils parlent la même langue.

– Alors, ils n’ont pas le même dieu ?

– Si, ils ont le même dieu.

– Alors… pourquoi se font-ils la guerre ?

– Parce qu’ils n’ont pas le même nez. »

 

La lecture comme moyen de rêver et d’échapper à la guerre :

« – Vous avez lu tous ces livres ? j’ai demandé.

– Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m’échapper. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.

– Un livre peut nous changer ?

– Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis. »

 

Critiques glanées sur Internet :

« Gaël Faye signe avec ce premier roman un livre magnifique… le chant de l’enfance, de l’insouciance murmure à nos oreilles et côtoie avec justesse ce terrible génocide. Il écrit comme il chante : les mots résonnent, scandent un amour sans borne pour son pays, tentent de panser des plaies à jamais ouvertes et nous content avec talent l’histoire d’un peuple meurtri… » Babelio, AudreyT  septembre 2016

« L’histoire de Gaby est celle du métissage, de l’exil, du racisme, des méfaits de la colonisation, d’une lutte ethnique fratricide qui prend aux tripes et indigne. C’est une partie de la vie de Gaël Faye racontée avec poésie, pudeur, nostalgie et tendresse qui émeut et laisse pantois devant l’immense talent de ce jeune musicien. » Babelio, palamede, octobre 2016

 

Critiques dans la presse :

« Gaël Faye, livre un récit spontané sur la tragédie. Nul besoin d’expliquer son origine, de se perdre en analyses précises, l’histoire témoigne de l’absurdité de la guerre avec une évidence abrupte. » « Actualitte », octobre 2016

« « Petit pays » est magnifique, tant par l’écriture que par ce qu’il raconte. » « La Libre Belgique », septembre 2016

« Rien n’échappe à Gaël Faye, qui dépeint tout en finesse le racisme ambiant au Burundi, les bruits de la capitale, la moiteur des « cabarets », et surtout le climat électrique et morbide du pays dans les années 1990. » « L’Express », septembre 2016

« Un livre lumineux sur un sujet difficile (…) Il semble écouter ce que dit le silence. » « Le Figaro », septembre 2016

 

 

« Les Passantes », Antoine Pol (1888 – 1971), « Emotions poétiques », 1913, mis en musique par Georges Brassens

Je veux dédier ce poème

A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets,
A celle que l’on connaît à peine,
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais.

A celle qu’on voit apparaître
Une seconde, à la fenêtre,
Et qui, preste, s’évanouit,
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui.

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage,
Font paraître court le chemin ;
Qu’on est seul peut-être à comprendre,
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main.

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises,
Et qui vivant des heures grises
Près d’un être trop différent,
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant.

Chères images aperçues,
Espérances d’un jour déçues,
Vous serez dans l’oubli demain ;
Pour peu que le bonheur survienne,
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin.

Mais si l’on a manqué sa vie,
On songe, avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus,
Aux coeurs qui doivent vous attendre,
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre,
Aux yeux qu’on n’a jamais revus.

Alors, aux soirs de lassitude,
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir,
On pleure les lèvres absentes
De toutes les belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir.