Pile en lecture : bientôt sur vos écrans

J’ai beau avoir un stock bien rempli de livres à lire, impossible de m’en empêcher : une visite à la bibliothèque pour rendre « Méfiez-vous des enfants sages » de Cécile Coulon et je reviens avec trois nouveaux amis : « La Conversation amoureuse », d’Alice Ferney, « Et Nietzsche a pleuré », d’Irvin Yalom et « Corniche Kennedy », de Maylis de Kerangal. Mes PAL s’entassent partout où je trouve encore de la place. J’ai envie de tout lire mais je n’ai pas fini « Le Temps des amours » de Pagnol, ni l’ouvrage acheté et commencé hier soir, « Camus, L’Art de la révolte », d’Abd Al Malik, ni les deux romans empruntés à la bibliothèque, de Cécile Coulon et Richard Powers…

Donc on retrouvera un titre parmi tous ceux-là, et quelques autres, dans un billet bientôt ! Un peu de patience et un peu d’organisation, et le tour est joué !

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« LES ENFANTS QUI S’AIMENT », Jacques Prévert

 

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s’aiment

Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

Excitant la rage des passants

Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

CET AMOUR Jacques Prévert, « Paroles », 1946

 

Cet amour

Si violent

Si fragile

Si tendre

Si désespéré

Cet amour

Beau comme le jour

Et mauvais comme le temps

Quand le temps est mauvais

Cet amour si vrai

Cet amour si beau

Si heureux

Si joyeux

Et si dérisoire

Tremblant de peur comme un enfant dans le noir

Et si sûr de lui

Comme un homme tranquille au milieu de la nuit

Cet amour qui faisait peur aux autres

Qui les faisait parler

Qui les faisait blêmir

Cet amour guetté

Parce que nous le guettions

Traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vrai qu’une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivante que l’été

Nous pouvons tous les deux

Aller et revenir

Nous pouvons oublier

Et puis nous rendormir

Nous réveiller souffrir vieillir

Nous endormir encore

Rêver à la mort,

Nous éveiller sourire et rire

Et rajeunir

Notre amour reste là

Têtu comme une bourrique

Vivant comme le désir

Cruel comme la mémoire

Bête comme les regrets

Tendre comme le souvenir

Froid comme le marbre

Beau comme le jour

Fragile comme un enfant

Il nous regarde en souriant

Et il nous parle sans rien dire

Et moi je l’écoute en tremblant

Et je crie

Je crie pour toi

Je crie pour moi

Je te supplie

Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment

Et qui se sont aimés

Oui je lui crie

Pour toi pour moi et pour tous les autres

Que je ne connais pas

Reste là

Là où tu es

Là où tu étais autrefois

Reste là

Ne bouge pas

Ne t’en va pas

Nous qui sommes aimés

Nous t’avons oublié

Toi ne nous oublie pas

Nous n’avions que toi sur la terre

Ne nous laisse pas devenir froids

Beaucoup plus loin toujours

Et n’importe où

Donne-nous signe de vie

Beaucoup plus tard au coin d’un bois

Dans la forêt de la mémoire

Surgis soudain

Tends-nous la main

Et sauve-nous

Paul Éluard, « L’Amour la poésie », 1929

La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas

Ils ne vous donnent plus à chanter

Au tour des baisers de s’entendre

Les fous et les amours

Elle sa bouche d’alliance

Tous les secrets tous les sourires

Et quels vêtements d’indulgence

À la croire toute nue.

 

Les guêpes fleurissent vert

L’aube se passe autour du cou

Un collier de fenêtres

Des ailes couvrent les feuilles

Tu as toutes les joies solaires

Tout le soleil sur la terre

Sur les chemins de ta beauté.

“Bridge over Troubled Water”, Simon & Garfunkel, 1970

When you’re weary, feeling small

When tears are in your eyes, I’ll dry them all

I’m on your side, oh, when times get rough

And friends just can’t be found

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

 

When you’re down and out

When you’re on the street

When evening falls so hard

I will comfort you

I’ll take your part, oh, when darkness comes

And pain is all around

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

 

Sail on silver girl

Sail on by

Your time has come to shine

All your dreams are on their way

See how they shine

Oh, if you need a friend

I’m sailing right behind

Like a bridge over troubled water

I will ease your mind

Like a bridge over troubled water

I will ease your mind

“Blowin’ In The Wind”, Bob Dylan, “The Freewheelin’” 1963

“How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
How many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, ‘n’ how many times must the cannon balls fly
Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

Yes, ‘n’ how many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ‘n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
Yes, ‘n’ how many times can a man turn his head,
And pretend that he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

Yes, ‘n’ how many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, ‘n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, ‘n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.”

À toi 3 – Plus aucun signe de toi.

Pourquoi ? Comment ?

Je me restreins à ne l’envoyer qu’un « bonjour » et un « bonne nuit » par jour.

Dur. Frustrant.

Je me questionne. Tu me fais tout remettre en cause, en question,

en doute et interrogations. Moi. Toi. Ce nous possible que tu as fait miroiter.

Cette histoire, que je devais vouloir, qu’elle marche.

Et là ? Qui se bouge ? Qui attend ? Qui y croit ?

Pourquoi ? Comment ?

Te laisser ce fameux temps que tu as demandé.

Combien ? Comment ?

Déjà presque trois semaines que nous nous sommes vus, sentis, goûtés, que nous avons joui l’un de l’autre, l’un dans l’autre.

Et maintenant ?

Pourquoi et comment ?

À toi 2 suite et précédent

« Previously in M & R nan nan pas trop vite pas trop loin pas trop dur pas trop mieux »

Vendredi 20 octobre

13h13

J’ai fait un vœu.

Ne me rappelle plus lequel mais il avait sûrement à voir avec toi.

 

Here we go again

Not the end [my friend] (Doors)

Quand l’obscurité (creep in Norah Jones) pointe

 

10 jours plus tard

Tu me manques mais

« [C’est (le manque) est interdit »

[hier ou avant-hier soir moi dans mon bain : « Il manque quelqu’un ». Réaction immédiate et violente ou du moins brutale : « C’est interdit ! » Moi par message vocal : « j’étais sûre que tu allais dire ça… physiquement ! calmons-nous calmons-nous calmons-nous ! » « haha » (très drôle)]

Je dois lutter contre moi et filtrer ce que

je te confie. Car tu es loin.

Car tu es un homme

Car tu es brisé

Car tu es poète.

Tu as vécu et raté la distance.

Tu as vécu et souffert la « filiation ».

Tu as vécu et souff saigne encore la passion

Avec celle que tu baptises toujours la « femme de

ma vie ». Quatre ans. Amour avoué en juillet.

1

“Stripped” « Main girl » Charlotte Cardin “Mon Coeur mis à nu” [Baudelaire, le retour du retour du retour je le vois partout ces jours-ci celui-là. L’écriture-confession à la Rousseau et nos séances de psychanalyse nocturne(s) y sont sûrement pour quelque chose.]

I was a fool to love you

Don’t leave me hangin’ on

You’ve been misunderstanding me all along.

 

[A fool to love you

A fool to love you

I’m a fool to love the pain]

 

Tu as vécu, après dix ans de

fuite par le jeu et la virtualité (c’est par elle que nous « avons commencé »)

 

Don’t leave me hangin’ on [boy]

You misunderstood me all along [boy]

 

[I was a fool to love you

A fool to love you

I’m a fool to love the pain]

[Now] (I’m) / you’re / she’s just a pretty face (/) who can help you (me) (?)

 

We I fall in love too easily

I’m Are you callin’ out my name?

I am callin’ out your name

We’re burnin’ We’re burnin’ We’re burnin’

We will always stay the same

It’s a holiday ev’ryday

 

2

On s’est rencontrés

à travers ta plume, âme, art,

sensibilité

On a « fait connaissance »

s’est rapprochés

à travers mon esprit, mes reparties,

ma vivacité, ton étonnement fasciné et

amusé

 

❤ / estime / confiance moi

❤ / admiration / confiance toi [je me suis trouvé après avoir fui pendant dix ans puis cru mourir cet été] [j’ai beaucoup à te dire et t’apprendre]

❤ / complicité / engagement nous

> 3 tâches

 

Si tu veux que ça marche cette histoire

Il va falloir que tu te bouges le Q

∟> et toi

Veux-tu ?

Cette histoire ? c’est quoi ? continuer

à parler, écrire, sentir [à distance ou ensemble] > <3er ?

Je me bouge > % écrire

Et toi > tu te bouges % moi, toi

Elle, nous

Toi aussi tu dois nous vouloir,

Être prêt et te battre pour « cette histoire »

 

4

30/10/17           13h27

 

Qui y croit ?

Moi de moins en moins depuis ce texte que

tu as écrit, repris, publié,

mais sur Elle.

Même si s’applique complètement à moi et nous.

Tu me demandes suite ou point de vue

féminin > sur votre histoire ?!!

Sadisme absolu et douloureux pour moi.

À la place j’écris notre début

Tu es touché _ ému _

« Tu me donnes des ailes »

« Il n’y a pas de mots pour te dire »

C’est ton métier autoproclamé

donc essaie

À toi de te bouger ton petit Q pour moi !

 

5

Si tu veux, crois, es prêt ou

le deviens [fais tout pour le devenir], il va falloir

vraiment [sérieusement] que tu me rassures,

me conquières définitivement

car j’ai peur, pas estime moi,

trop admiration toi,

mais je chéris mon besoin [ressuscité] d’écrire,

tes encouragements et ton soutien, ta

façon de voir et souffler sur [ce que tu appelles] mon « potentiel »

et mon « talent en fait » «  je vais t’engueuler ».

Continue à m’engueuler, me bouleverser

mais surtout reviens me toucher, saisir,

caresser, embrasser, frôler, enlacer.

Soutiens-moi.

Vraiment. Pas que ces mots

derrière lesquels tu te caches, protèges.

 

6

Si tu crois en cette histoire, en

toi / moi / en nous surtout,

il va falloir que tu me prennes – vraiment

Le Q !

Que tu le revendiques comme le tien.

Exclusivement. Passionnément.

Amoureusement.

Car oui, amoureusement.

Pas que des paroles, des écrits

pas que des gestes, des baisers,

des étreintes [virtuelles et rituelles / réelles / charnelles] et « cartouches » [tu m’en dois environ 52].

Du cœur, de l’âme

pas que de l’esprit, étape 1

de la chair, étape 2

mais de l’âme, étape où j’entre et

où tu as peur de pénétrer pleinement.

 

7

Donc,

si tu peux que cette notre idylle aille

plus loin, et elle peut à mon avis

voler au-delà des nuées, nous

extraire de la pesanteur de l’être

vers la légèreté du vivre.

Si tu peux donc me rejoindre

et prendre la main tremblante et brûlante que j’ose à peine te

tendre,

alors il va falloir réellement,

par des actes,

te bouger le cœur.

 

8

« Il Bacio », Paul Verlaine (1844-1896), « Poèmes saturniens » (1866)

 

Baiser ! rose trémière au jardin des caresses !
Vif accompagnement sur le clavier des dents
Des doux refrains qu’Amour chante en les cœurs ardents,
Avec sa voix d’archange aux langueurs charmeresses !

Sonore et gracieux Baiser, divin Baiser !
Volupté non pareille, ivresse inénarrable !
Salut ! L’homme, penché sur ta coupe adorable,
S’y grise d’un bonheur qu’il ne sait épuiser.

Comme le vin du Rhin et comme la musique,
Tu consoles et tu berces, et le chagrin
Expire avec la moue en ton pli purpurin…
Qu’un plus grand, Gœthe ou Will, te dresse un vers classique.

Moi, je ne puis, chétif trouvère de Paris,
T’offrir que ce bouquet de strophes enfantines :
Sois bénin et, pour prix, sur les lèvres mutines
D’Une que je connais, Baiser, descends, et ris.

« Ophélie », Arthur Rimbaud (1854-1891)

 

I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…

– On entend dans les bois lointains des hallalis.

 

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir

Voici plus de mille ans que sa douce folie

Murmure sa romance à la brise du soir.

 

Le vent baise ses seins et déploie en corolle

Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;

Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

 

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;

Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,

Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :

– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

 

II

 

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !

Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !

C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège

T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

 

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,

À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits,

Que ton cœur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

 

C’est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;

C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,

Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

 

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !

Tu te fondais à lui comme une neige au feu :

Tes grandes visions étranglaient ta parole

– Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

 

III

– Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;

Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.