« Hôtel », « Banalités », 1914, Guillaume Apollinaire (1880-1918)

 

Ma chambre a la forme d’une cage,

Le soleil passe son bras par la fenêtre.

Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages

J’allume au feu du jour ma cigarette.

Je ne veux pas travailler

Je veux fumer.

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« LES ENFANTS QUI S’AIMENT », Jacques Prévert

 

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s’aiment

Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

Excitant la rage des passants

Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

CET AMOUR Jacques Prévert, « Paroles », 1946

 

Cet amour

Si violent

Si fragile

Si tendre

Si désespéré

Cet amour

Beau comme le jour

Et mauvais comme le temps

Quand le temps est mauvais

Cet amour si vrai

Cet amour si beau

Si heureux

Si joyeux

Et si dérisoire

Tremblant de peur comme un enfant dans le noir

Et si sûr de lui

Comme un homme tranquille au milieu de la nuit

Cet amour qui faisait peur aux autres

Qui les faisait parler

Qui les faisait blêmir

Cet amour guetté

Parce que nous le guettions

Traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vrai qu’une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivante que l’été

Nous pouvons tous les deux

Aller et revenir

Nous pouvons oublier

Et puis nous rendormir

Nous réveiller souffrir vieillir

Nous endormir encore

Rêver à la mort,

Nous éveiller sourire et rire

Et rajeunir

Notre amour reste là

Têtu comme une bourrique

Vivant comme le désir

Cruel comme la mémoire

Bête comme les regrets

Tendre comme le souvenir

Froid comme le marbre

Beau comme le jour

Fragile comme un enfant

Il nous regarde en souriant

Et il nous parle sans rien dire

Et moi je l’écoute en tremblant

Et je crie

Je crie pour toi

Je crie pour moi

Je te supplie

Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment

Et qui se sont aimés

Oui je lui crie

Pour toi pour moi et pour tous les autres

Que je ne connais pas

Reste là

Là où tu es

Là où tu étais autrefois

Reste là

Ne bouge pas

Ne t’en va pas

Nous qui sommes aimés

Nous t’avons oublié

Toi ne nous oublie pas

Nous n’avions que toi sur la terre

Ne nous laisse pas devenir froids

Beaucoup plus loin toujours

Et n’importe où

Donne-nous signe de vie

Beaucoup plus tard au coin d’un bois

Dans la forêt de la mémoire

Surgis soudain

Tends-nous la main

Et sauve-nous

“Bridge over Troubled Water”, Simon & Garfunkel, 1970

When you’re weary, feeling small

When tears are in your eyes, I’ll dry them all

I’m on your side, oh, when times get rough

And friends just can’t be found

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

 

When you’re down and out

When you’re on the street

When evening falls so hard

I will comfort you

I’ll take your part, oh, when darkness comes

And pain is all around

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

Like a bridge over troubled water

I will lay me down

 

Sail on silver girl

Sail on by

Your time has come to shine

All your dreams are on their way

See how they shine

Oh, if you need a friend

I’m sailing right behind

Like a bridge over troubled water

I will ease your mind

Like a bridge over troubled water

I will ease your mind

“Blowin’ In The Wind”, Bob Dylan, “The Freewheelin’” 1963

“How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
How many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, ‘n’ how many times must the cannon balls fly
Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

Yes, ‘n’ how many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ‘n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
Yes, ‘n’ how many times can a man turn his head,
And pretend that he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

Yes, ‘n’ how many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, ‘n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, ‘n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.”

À toi 3 – Plus aucun signe de toi.

Pourquoi ? Comment ?

Je me restreins à ne l’envoyer qu’un « bonjour » et un « bonne nuit » par jour.

Dur. Frustrant.

Je me questionne. Tu me fais tout remettre en cause, en question,

en doute et interrogations. Moi. Toi. Ce nous possible que tu as fait miroiter.

Cette histoire, que je devais vouloir, qu’elle marche.

Et là ? Qui se bouge ? Qui attend ? Qui y croit ?

Pourquoi ? Comment ?

Te laisser ce fameux temps que tu as demandé.

Combien ? Comment ?

Déjà presque trois semaines que nous nous sommes vus, sentis, goûtés, que nous avons joui l’un de l’autre, l’un dans l’autre.

Et maintenant ?

Pourquoi et comment ?

À toi 2 suite et précédent

« Previously in M & R nan nan pas trop vite pas trop loin pas trop dur pas trop mieux »

Vendredi 20 octobre

13h13

J’ai fait un vœu.

Ne me rappelle plus lequel mais il avait sûrement à voir avec toi.

 

Here we go again

Not the end [my friend] (Doors)

Quand l’obscurité (creep in Norah Jones) pointe

 

10 jours plus tard

Tu me manques mais

« [C’est (le manque) est interdit »

[hier ou avant-hier soir moi dans mon bain : « Il manque quelqu’un ». Réaction immédiate et violente ou du moins brutale : « C’est interdit ! » Moi par message vocal : « j’étais sûre que tu allais dire ça… physiquement ! calmons-nous calmons-nous calmons-nous ! » « haha » (très drôle)]

Je dois lutter contre moi et filtrer ce que

je te confie. Car tu es loin.

Car tu es un homme

Car tu es brisé

Car tu es poète.

Tu as vécu et raté la distance.

Tu as vécu et souffert la « filiation ».

Tu as vécu et souff saigne encore la passion

Avec celle que tu baptises toujours la « femme de

ma vie ». Quatre ans. Amour avoué en juillet.

1

“Stripped” « Main girl » Charlotte Cardin “Mon Coeur mis à nu” [Baudelaire, le retour du retour du retour je le vois partout ces jours-ci celui-là. L’écriture-confession à la Rousseau et nos séances de psychanalyse nocturne(s) y sont sûrement pour quelque chose.]

I was a fool to love you

Don’t leave me hangin’ on

You’ve been misunderstanding me all along.

 

[A fool to love you

A fool to love you

I’m a fool to love the pain]

 

Tu as vécu, après dix ans de

fuite par le jeu et la virtualité (c’est par elle que nous « avons commencé »)

 

Don’t leave me hangin’ on [boy]

You misunderstood me all along [boy]

 

[I was a fool to love you

A fool to love you

I’m a fool to love the pain]

[Now] (I’m) / you’re / she’s just a pretty face (/) who can help you (me) (?)

 

We I fall in love too easily

I’m Are you callin’ out my name?

I am callin’ out your name

We’re burnin’ We’re burnin’ We’re burnin’

We will always stay the same

It’s a holiday ev’ryday

 

2

On s’est rencontrés

à travers ta plume, âme, art,

sensibilité

On a « fait connaissance »

s’est rapprochés

à travers mon esprit, mes reparties,

ma vivacité, ton étonnement fasciné et

amusé

 

❤ / estime / confiance moi

❤ / admiration / confiance toi [je me suis trouvé après avoir fui pendant dix ans puis cru mourir cet été] [j’ai beaucoup à te dire et t’apprendre]

❤ / complicité / engagement nous

> 3 tâches

 

Si tu veux que ça marche cette histoire

Il va falloir que tu te bouges le Q

∟> et toi

Veux-tu ?

Cette histoire ? c’est quoi ? continuer

à parler, écrire, sentir [à distance ou ensemble] > <3er ?

Je me bouge > % écrire

Et toi > tu te bouges % moi, toi

Elle, nous

Toi aussi tu dois nous vouloir,

Être prêt et te battre pour « cette histoire »

 

4

30/10/17           13h27

 

Qui y croit ?

Moi de moins en moins depuis ce texte que

tu as écrit, repris, publié,

mais sur Elle.

Même si s’applique complètement à moi et nous.

Tu me demandes suite ou point de vue

féminin > sur votre histoire ?!!

Sadisme absolu et douloureux pour moi.

À la place j’écris notre début

Tu es touché _ ému _

« Tu me donnes des ailes »

« Il n’y a pas de mots pour te dire »

C’est ton métier autoproclamé

donc essaie

À toi de te bouger ton petit Q pour moi !

 

5

Si tu veux, crois, es prêt ou

le deviens [fais tout pour le devenir], il va falloir

vraiment [sérieusement] que tu me rassures,

me conquières définitivement

car j’ai peur, pas estime moi,

trop admiration toi,

mais je chéris mon besoin [ressuscité] d’écrire,

tes encouragements et ton soutien, ta

façon de voir et souffler sur [ce que tu appelles] mon « potentiel »

et mon « talent en fait » «  je vais t’engueuler ».

Continue à m’engueuler, me bouleverser

mais surtout reviens me toucher, saisir,

caresser, embrasser, frôler, enlacer.

Soutiens-moi.

Vraiment. Pas que ces mots

derrière lesquels tu te caches, protèges.

 

6

Si tu crois en cette histoire, en

toi / moi / en nous surtout,

il va falloir que tu me prennes – vraiment

Le Q !

Que tu le revendiques comme le tien.

Exclusivement. Passionnément.

Amoureusement.

Car oui, amoureusement.

Pas que des paroles, des écrits

pas que des gestes, des baisers,

des étreintes [virtuelles et rituelles / réelles / charnelles] et « cartouches » [tu m’en dois environ 52].

Du cœur, de l’âme

pas que de l’esprit, étape 1

de la chair, étape 2

mais de l’âme, étape où j’entre et

où tu as peur de pénétrer pleinement.

 

7

Donc,

si tu peux que cette notre idylle aille

plus loin, et elle peut à mon avis

voler au-delà des nuées, nous

extraire de la pesanteur de l’être

vers la légèreté du vivre.

Si tu peux donc me rejoindre

et prendre la main tremblante et brûlante que j’ose à peine te

tendre,

alors il va falloir réellement,

par des actes,

te bouger le cœur.

 

8

Mon amie la rose – Françoise Hardy

 

« On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Me l’a dit ce matin

À l’aurore je suis née

Baptisée de rosée

Je me suis épanouie

Amoureuse et heureuse

Aux rayons du soleil

Me suis fermée la nuit

Me suis réveillée vieille

Pourtant j’étais très belle

Oui j’étais la plus belle

Des fleurs de ton jardin

 

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Me l’a dit ce matin

Vois le dieu qui m’a faite

Me fait courber la tête

Et je sens que je tombe

Et je sens que je tombe

Mon cœur est presque nu

J’ai le pied dans la tombe

Déjà je ne suis plus

Tu m’admirais hier

Et je serai poussière

Pour toujours demain

 

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Est morte ce matin

La lune cette nuit

A veillé mon amie

Moi en rêve j’ai vu

Éblouissante et nue

Son âme qui dansait

Bien au-delà des nues

Et qui me souriait

Croit celui qui peut croire

Moi j’ai besoin d’espoir

Sinon je ne suis rien

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Est morte ce matin

La lune cette nuit a veillé mon amie

Moi en rêve j’ai vu

Éblouissante et nue

Son âme qui dansait

Bien au-delà des nues

Et qui me souriait

Croit celui qui peut croire

Moi j’ai besoin d’espoir

Sinon je ne suis rien

 

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Me l’a dit ce matin

Vois le dieu qui m’a faite

M’a fait courber la tête

Et je sens que je tombe

Et je sens que je tombe

Mon cœur est presque nu

J’ai le pied dans la tombe

Déjà je ne suis plus

Tu m’admirais hier

Et je serai poussière

Pour toujours demain. »

(paroles : Cécile Caulier / musique : Cécile Caulier et Jacques Lacome), 1964

À toi

 

Premier contact

Tentative de réponse à une question que tu n’as pas posée

Tes mots m’ont fait chavirer

Ton humour et le mien se sont acoquinés

Ta présence m’a confortée

Ta voix m’a charmée

Ton sourire m’a illuminée

Tes yeux m’ont ravivée

[et ton regard m’a bercée, cherchée, jaugée, estimée]

Tes paroles m’ont menée au bord de l’extase

Ton écho m’a apaisée

 

Et ta présence ?

Comment allait-on passer de ce virtuel si tellurique

À une réalité prosaïque et trop humaine ?

 

En retard, déboussolée, complètement désorientée.

Je t’ai vu arriver.

Ne pas me voir.

Faire semblant peut-être comme moi.

Pour retarder.

Me laisser reprendre ma respiration.

Calmer les battements affolés de mon cœur enfermé dans ma poitrine brûlante.

Car tu étais beau.

En vrai.

Touchant.

Attirant.

Aimantant.

Je suis restée assise.

Feignant de regarder mon téléphone,

De ranger mes écouteurs.

Pendant ce temps pourtant nous étions connectés, par téléphone.

Si proches et si loin.

À deux mètres de moi.

À des années-lumière.

 

Mais tu étais beau, touchant, attirant.

Et puisqu’il fallait bien.

Se rencontrer. Se résigner.

Retomber sur cette terre trop dure et trop froide.

 

J’ai donc accepté.

De revenir sur Terre.

De retomber.

Mais dans tes bras.

Mais je vais trop vite.

Tes bras autour de moi, c’est plus tard.

Ça a mis du temps.

Mais pas tant que ça.

 

Car tes lèvres sur les miennes.

Comme si elles connaissaient le chemin.

Déjà parcouru par les mots depuis des jours et des nuits.

Des nuits surtout.

Et quelles nuits…

 

Blanches mais brûlantes

Exténuantes mais revigorantes.

À m’épuiser j’y puisais une force nouvelle

Comme Achille tombant au combat

Reprend puissance au contact de sa mère la Terre.

 

Ma force je la puise en toi.

Dans tes mots, depuis le début

Dans ta voix, très vite

Dans tes yeux, ton sourire, dès qu’ils sont apparus sur l’écran bleuté.

 

Tes lèvres donc.

Et les miennes.

 

C’est moi qui ai donné le signal.

En remarquant

L’air de rien mais l’envie de tout,

L’envie de toi en tout cas,

(et par-dessus tout à ce moment-là)

Qu’en fait on ne s’était même pas fait la bise.

 

Envie que tu te rapproches

Que tu m’approches, me touches,

Que tu arrives enfin là où tu es venu.

Contre moi, sur moi, en moi.

 

Une bise, une autre, et, enfin, le contact.

 

Doux

Chaud

Touchée jusqu’au plus profond de mon être

Chavirée

À nouveau.

Retour au premier contact.

Des mots au baiser.

 

Tu m’as touchée.

À moi de te rendre la pareille.

Du moins essayer.

Tu ne pourras pas dire

Que je n’ai pas essayé

Que je ne me suis pas efforcée

De t’atteindre par ce qui te remue.

 

Car toi tu me remues.

Remuons-nous en cadence

Ne nous arrêtons plus

Viens chalouper contre moi.

 

Tu es si loin

Qu’il ne nous  reste que les mots

Ce sont eux qui s’entrechoquent.

À quand ta bouche à nouveau ?

 

Reviens

Me

Chavirer.

 

Écrit à ta demande. Même si ce n’est pas la suite de ton texte.

Lui il a été écrit pour ton ex.

Donc comment veux-tu et même comment demandes-tu que j’y réponde ?