A lire : « Aurélia, Le Rêve et la Vie », Gérard de Nerval, 1854-1855 (une partie à titre posthume

Je découvre à travers tout d’abord des citations magnifiques ce texte de Nerval, qui s’est pendu avant d’avoir publié l’ensemble de ces textes dans lesquels il analyse ses crises de folie.

Voilà un ouvrage à lire, définitivement. Voici le début :

aurélia

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : – le monde des Esprits s’ouvre pour nous. »

 

Publicités

« El Desdichado », 1854, Gérard de NERVAL (1808-1855)

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,

Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phoebus ?… Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;

J’ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Pile en lecture : bientôt sur vos écrans

J’ai beau avoir un stock bien rempli de livres à lire, impossible de m’en empêcher : une visite à la bibliothèque pour rendre « Méfiez-vous des enfants sages » de Cécile Coulon et je reviens avec trois nouveaux amis : « La Conversation amoureuse », d’Alice Ferney, « Et Nietzsche a pleuré », d’Irvin Yalom et « Corniche Kennedy », de Maylis de Kerangal. Mes PAL s’entassent partout où je trouve encore de la place. J’ai envie de tout lire mais je n’ai pas fini « Le Temps des amours » de Pagnol, ni l’ouvrage acheté et commencé hier soir, « Camus, L’Art de la révolte », d’Abd Al Malik, ni les deux romans empruntés à la bibliothèque, de Cécile Coulon et Richard Powers…

Donc on retrouvera un titre parmi tous ceux-là, et quelques autres, dans un billet bientôt ! Un peu de patience et un peu d’organisation, et le tour est joué !

« Celsius », Isabelle Mutin, les éditions Mutine, 2016

Je viens à peine de refermer ce court mais puissant texte que j’ai eu du mal à lâcher, que j’ai dévoré en trois jours. Je vous recommande ce premier roman. Un voyage éprouvant mais plein d’espoir dans les méandres de la vie psychique, amoureuse et familiale de la narratrice.

Voici le résumé offert par la maison d’édition :

Une jeune femme usée par la vie consulte, par amour pour son conjoint, Isidore Celsius, un psychiatre peu orthodoxe. Un dialogue électrique se noue entre le médecin et sa patiente. Leur relation se fait de plus en plus prégnante, l’équilibre du jeune couple est menacé. Quelles sont les véritables intentions de l’inquiétant Docteur Celsius ? L’héroïne parviendra-t-elle à reprendre le contrôle de sa vie ?

Après « DeSirium tremens » (nouvelles) et « Wuthering Ent » (contes), Isabelle Mutin nous livre son premier roman. Fidèle à sa poésie singulière et à la profondeur des thèmes abordés (l’amour, la maladie, la mort), Isabelle se délecte, avec Celsius, de quelques nouveautés : l’humour noir et le fantastique.

Les mots ne suffiraient pas à englober cette oeuvre. Vertigineux, profond, drôle et touchant, lucide et poétique, réaliste mais merveilleux. Une narratrice en perdition dont la voix résonnera longtemps dans ma tête, écho de son amour absolu, de ses questionnements, de sa chute inexorable, de ses perpétuelles oscillations entre espoir et abandon. Un hommage bouleversant à un combat perdu d’avance, au nom d’une passion amoureuse finement observée. On vit, on vibre, on sombre, en cadence avec la jeune femme.

Citations :

 

« J’ai dû naître avec une faille au départ, une fêlure qui allait s’accroître au fil du temps »

 

« Le Docteur Celsius était parvenu à m’inspirer confiance. Rapidement. Sans doute parce qu’il sortait du lot. J’ai toujours eu un goût prononcé pour la différence. Sa façon subtile d’agencer les mots avec une grande habileté, de piquer au vif et de provoquer m’avait séduite. Nos dialogues étaient de véritables parties de ping-pong et me mesurer à son esprit acerbe était un défi distrayant. On se lançait la balle et je comptais les points. J’en étais à trente-six points de suture. »

 

Quelques avis de lecteurs glanés sur le site de l’éditeur :

« Merci pour ce merveilleux moment passé en votre compagnie et celle de Celsius. Continuez à écrire. Votre sensibilité se dévoile à chaque ligne. » Nadine Bussière

« Fascinée et capturée en lisant ce roman… Écriture magnifique… Je ne trouve pas les mots pour décrire toute mon émotion et mon ressenti… Admirative… » Violaine Savonnet

« Roman intrigant et captivant, aux multiples sens profonds et à l’écriture poétique… étonnant roman mélancolique qui nous embarque dans son mystère de la première à la dernière ligne, nous laissant à peine le temps de nous demander où il nous amène… (…) Il y a surtout cette belle écriture souple et délicieuse, sensuelle et moderne… et il y a, sitôt le livre refermé, l’envie de lire vos autres livres. Bravo Isabelle ! » Dolores Porte

« Je ne dirai que deux mots : ACHETEZ-LE !!! » Thierry Mortamais

« Celsius ! Drôle de psychiatre qu’elle a trouvé là. Mais où commence la démence du médecin et finit le traumatisme mental de la patiente ? Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui est imaginé ? Une analyse psychologique capable d’interroger les hommes sur leur connaissance des femmes, et pour les femmes une confirmation de la spécificité féminine dans la souffrance et quand la résilience n’est plus possible ! » François Aronssohn

« Les obsessions d’Isabelle Mutin refont surface dans ce qu’elle qualifie de roman. Et qui évoque davantage un cauchemar raconté avec brio ! » Jocelyne Remy

« J’ai lu Celsius 4 fois. Celsius est une alchimie littéraire, lisez-le… »  Denis Benedetti

 

« LES ENFANTS QUI S’AIMENT », Jacques Prévert

 

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s’aiment

Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

Excitant la rage des passants

Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

CET AMOUR Jacques Prévert, « Paroles », 1946

 

Cet amour

Si violent

Si fragile

Si tendre

Si désespéré

Cet amour

Beau comme le jour

Et mauvais comme le temps

Quand le temps est mauvais

Cet amour si vrai

Cet amour si beau

Si heureux

Si joyeux

Et si dérisoire

Tremblant de peur comme un enfant dans le noir

Et si sûr de lui

Comme un homme tranquille au milieu de la nuit

Cet amour qui faisait peur aux autres

Qui les faisait parler

Qui les faisait blêmir

Cet amour guetté

Parce que nous le guettions

Traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vrai qu’une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivante que l’été

Nous pouvons tous les deux

Aller et revenir

Nous pouvons oublier

Et puis nous rendormir

Nous réveiller souffrir vieillir

Nous endormir encore

Rêver à la mort,

Nous éveiller sourire et rire

Et rajeunir

Notre amour reste là

Têtu comme une bourrique

Vivant comme le désir

Cruel comme la mémoire

Bête comme les regrets

Tendre comme le souvenir

Froid comme le marbre

Beau comme le jour

Fragile comme un enfant

Il nous regarde en souriant

Et il nous parle sans rien dire

Et moi je l’écoute en tremblant

Et je crie

Je crie pour toi

Je crie pour moi

Je te supplie

Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment

Et qui se sont aimés

Oui je lui crie

Pour toi pour moi et pour tous les autres

Que je ne connais pas

Reste là

Là où tu es

Là où tu étais autrefois

Reste là

Ne bouge pas

Ne t’en va pas

Nous qui sommes aimés

Nous t’avons oublié

Toi ne nous oublie pas

Nous n’avions que toi sur la terre

Ne nous laisse pas devenir froids

Beaucoup plus loin toujours

Et n’importe où

Donne-nous signe de vie

Beaucoup plus tard au coin d’un bois

Dans la forêt de la mémoire

Surgis soudain

Tends-nous la main

Et sauve-nous

« Pour toi mon amour », Jacques Prévert, « Paroles », 1946

Je suis allé au marché aux oiseaux

Et j’ai acheté des oiseaux

Pour toi

mon amour

Je suis allé au marché aux fleurs

Et j’ai acheté des fleurs

Pour toi

mon amour

Je suis allé au marché à la ferraille

Et j’ai acheté des chaînes

De lourdes chaînes

Pour toi

mon amour

Et puis je suis allé au marché aux esclaves

Et je t’ai cherchée

Mais je ne t’ai pas trouvée

mon amour

« Méfiez-vous des enfants sages », Cécile Coulon, Viviane Hamy, 2010

 

Une petite ville du sud des États-Unis, les années 1970 : Lua, la narratrice, enfant puis adolescente maline et débrouillarde, s’ennuie et décrit son entourage, ses parents, ses camarades, ses profs et son voisin Eddy, avec un point de vue assez désabusé pour son jeune âge. Elle s’interroge, noue des amitiés avec des hommes paumés, perd la foi, en Dieu mais aussi en son propre père.

De l’humour, de l’inattendu, une effrayante lucidité et un certain cynisme se dégagent de ce deuxième roman de Cécile Coulon, écrit avant l’âge de 20 ans. L’auteur nous parle du fameux et douloureux passage de l’enfance à l’adolescence, de la perte des illusions et de la candeur enfantine perdue sur le chemin vers l’âge adulte.

Un bon signe : je lis ce livre depuis près de deux semaines. Je savoure chaque paragraphe, chaque page, chaque court chapitre. Je trouve le roman trop court, je compte les chapitres et pages restants, je m’arrête à la fin de chaque chapitre pour ne pas l’avaler d’un coup. Comme avec un caramel ou du chocolat. Je ne mâche pas, je veux le faire durer un maximum.

Je suis avec Lua, je voudrais en savoir davantage, la voir grandir et connaître son point de vue sur la suite de son évolution et celle de ses parents. Je tourne les pages malgré tout car je ne peux m’empêcher de continuer ma lecture. Cela me rend déjà triste de la quitter.

Ne pas vouloir refermer un livre, voyager, se faire de nouveaux amis, repenser à une phrase ou un passage, voilà ce qui fait selon moi un roman réussi, que je vais savourer d’abord, ruminer ensuite, chroniquer puis enfin conseiller. Et sûrement relire. Ce qui est certain : j’adorais déjà les statuts de Cécile Coulon sur Facebook, où elle publie des textes entre journal et pensées, j’aime tout autant si ce n’est plus la jeune romancière qu’elle était il y a sept ans. Et je vais dévorer la suite de son œuvre dès que j’aurais digéré la destinée brisée de Lua.

Il me reste à peine cinq pages… Je ne sais quand je vais oser terminer ce court roman (111 pages si on compte la bande originale à la fin de l’ouvrage), mais je sais déjà que je le place dans ces rares romans qui m’ont remuée, bouleversée, questionnée, avec ce ton si particulier, oscillant sans cesse entre tendresse et cruauté, espoir et désillusion.

La fin m’a serré le cœur. Il me faut doucement, tout doucement, laisser Lua partir, refermer son livre du bout des doigts, et écouter l’écho de sa voix lentement s’éloigner.

À lire, si vous ne l’avez pas déjà fait, et je vous envie.

 

4e de couverture :

« Je n’ai pas rêvé cette nuit-là. Mon chagrin grandissait dans mon sommeil. Je me souviens du réveil, avec l’impression de manque, et mes parents dans l’encadrement de la porte. J’ai pris mon pantalon qui traînait par terre. Dehors, il faisait déjà chaud, mais je ne suis pas allée à l’école. La maison d’Eddy était fermée. Je me suis assise sur les marches en me disant que Kristina ne serait jamais au courant, que Freak ne pourrait pas me dire ce qu’il en pense. J’ai arrêté de croire en Dieu, j’ai arrêté de croire qu’il y avait d’honnêtes gens sur Terre, j’ai arrêté de sourire pour rien, et je me suis dit que je devais faire comme lui, au moment où j’en aurais envie, et dire aux gens d’aller se faire mettre, une bonne fois pour toutes . »

 

Résumé de l’éditeur :

Méfiez-vous des enfants sages, c’est le Sud, celui des États-Unis dans les années soixante-dix. Des effluves littéraires et cinématographiques l’imprègnent : Carson McCullers, Le cœur est un chasseur solitaire, Flannery O’Connor, ou encore le film de Robert Mulligan Du silence et des ombres, tiré de l’unique roman de Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.

 

Biographie de la romancière :

Cécile Coulon est née en 1990. Après une hypokhâgne et une khâgne à Clermont-Ferrand, elle poursuit ses études en Lettres Modernes. Elle se consacre actuellement à sa thèse dont le sujet est « Sport et Littérature ». Outre son goût prononcé pour la littérature, de Steinbeck à Luc Dietrich, Nathalie Sarraute ou Marie-Hélène Lafon en passant par Tennessee Williams, Stephen King ou Prévert, elle est aussi passionnée de cinéma et de musique.

Son premier roman Le voleur de vie et son recueil de nouvelles Sauvages ont paru aux Éditions Revoir. Ses cinq romans ont paru aux Éditions Viviane Hamy : Méfiez-vous des enfants sages (2010), Le Roi n’a pas sommeil (2012, couronné Prix Mauvais Genres France Culture / Le Nouvel Observateur la même année), Le Rire du grand blessé (2013), Le Cœur du Pélican (2015) et Trois saisons d’orage, Prix des Libraires 2017.

 

 

Extraits :

 

À 7 ans, Lua vit un traumatisme qui la changera à jamais :

« Ce qui était né en moi, je le devais à mon père, endormi sur ses principes, oubliant qu’en ce monde, les gens ne vivent pas pour calculer des théorèmes en permanence. Il avait flingué en un rien de temps tout ce qui fait qu’une gamine est une gamine, mais pour comprendre ça, il aurait fallu que Père Markku ouvre grand ses yeux et détourne le regard de sa fichue boîte en carton percée de trous. Sœur Popeye s’est fait la malle pour venir se loger là-haut, blottie dans ma pâte à cervelle, ses huit membres serrant mon crâne jusqu’à l’étouffer. »

 

La perte précoce de la foi face aux injustices et à la mort :

« Pendant seize ans, j’ai eu un pote plutôt beau gosse, avec ses cheveux longs et sa couronne d’épines, punk à souhait. Jusqu’à ce que la foi s’en aille comme un grain de sable entre deux rochers. J’ai perdu un copain et j’ai perdu une raison de me lever le matin. […] Alors Dieu, ou Jésus, je vous ai toujours confondus de toute façon, prends tes cliques et tes claques, retourne là d’où tu viens, enlève-moi cette couronne à la con et trouve-toi des fringues propres. Cherche un taf, un vrai, fais-toi à manger le soir en rentrant, regarde la télé ou fais des mots croisés, appelle tes potes de la Cène et organise un barbecue avec merguez et sauce piquante, et surtout, ne me dis plus ce qui est bien ou mal, n’essaie pas de me montrer le chemin, parce que vu tout ce que tu as fait dans ta longue vie d’Éternel, il n’y a pas de quoi être fier. Vraiment pas. »

 

Humour et personnages anti-héros, voici une des répliques d’Eddie :

« Il suffit de coucher avec une femme pour avoir la preuve que Dieu existe. Il n’y a que lui pour avoir eu la divine idée de faire une paire de fesses, on peut y poser les deux mains à la fois. »

 

Critiques dans la presse :

« Une histoire douce-amère dont l’écriture tempérée exprime avec grâce la violence des enfants sages. » LE FIGARO MAGAZINE

« Construit sur une suite d’anecdotes (parfois amusantes, souvent cruelles), ce décor fantasmé où il ne fait pas bon vivre n’est jamais loin du conte et illustre joliment le passage à l’âge adulte. » NOUVEL OBSERVATEUR

« on pourrait croire que l’auteure est la réincarnation de Carson McCullers, racontant les secrets de l’Amérique profonde. […] Cécile Coulon a la manie du détail. Chaque personnage est décrit avec précision, même s’il ne fait qu’une simple apparition. Elle nous bluffe par la maturité et l’humilité de son écriture. » ELLE

« On ne veut pas accabler la jeune romancière sous les références (Carson McCullers, bien sûr), mais on ne peut que louer la maturité de son écriture, son sens des détails et du rythme, jusque dans les choix pointus de la bande-son qui, comme une ballade à la guitare, accompagne les rêves noyés sous le Cherry Coke, les ambitions rabotées par la vie et dont le souvenir déglingue les cœurs. » LIVRES HEBDO

« Ces personnages à dormir debout prennent vie sous la plume de la romancière au fil d’une histoire à l’agencement complexe, bourrée de références, truffée de détails. Une écriture au trait juste. On y croit. À suivre. » L’HUMANITÉ